Travaux en cours

Le journal d'une maman solo qui tient à ses (au moins) deux casquettes : femme et mère.

09 mai 2008

Petite voleuse

Hier, je fus héroïque.

Le beau temps incite parfois à de coûteuses emplettes. Avec des demi-clones, c'est encore pire : on est bien obligé de passer par la case shopping quand la belle-saison arrive et que :

- on a un beau stock de vêtements jolis et en bon état, à la bonne taille, mais qui ne seront utilisables que vers l'automne prochain (quand les demi-clones auront pris cinq bons centimètres et rien n'ira plus) ;

- la crème solaire de l'an dernier est périmée (à ce qu'il paraît, ça se remplace tous les ans),

- les lunettes de soleil de l'an dernier sont restées enfouies quelque part dans un tas d'affaires chez le papa des enfants,

- et les chapeaux de soleil de l'an dernier sont devenus trop petits.

Donc achats. Et mille envies des enfants qu'il faut refuser : OOOOH oui, que c'est joli, mon chéri, ce surf Spiderman Mais vois-tu, ça ne sert à rien de l'acheter, on ne pourra pas s'en servir puisqu'on n'a pas la mer ici. hahaha. Allez, va donc le remettre à sa place. Oui, oui, magnifique aussi, ce liquide à bulles Dora l'Exploratrice.... etc, etc.

Jusqu'au
moment de passer à la caisse pour un montant d'achats à peu près égal au PIB de la Gamsakadobie : Non, ce sac à dos (encore cette Dora!), tu n'en as pas besoin, voyons !... Tu as déjà un autre sac à dos (d'ailleurs où est-il passé celui-là ? Aurait-il échoué chez le papa, encore une fois?).

Bref, une fois ruinée, et sur le chemin du retour, je remarque une certaine épaisseur derrière le dos de Laura, assise dans sa poussette. Une épaisseur verte.

... C'est à nous, ça?...

Je regarde de plus près.

Enfer et damnation. C'est le sac à dos de Dora. Tout aplati.

Sans que je m'en aperçoive, pendant que je réglais, Laura a réussi à mettre se mettre le sac sur le dos avant de remonter dans la poussette. On est sortis du magasin avec, et sans l'avoir acheté. Ca ne porte pas un nom, ça ?

On est à cent mètres de la maison.

Alors je me suis dit qu'on était presque arrivés, que le mal était fait et que tant pis, que ce n'est pas un pauvre sac à dos pour enfant qui allait mettre sur la paille ce magasins de pourritures capitalistes qui affichent les prix les plus élevés de la région et qui profitent indûment du fait que j'habite à côté et que j'ai encore assez souvent la flemme d'
Sans_titrealler plus loin.
Que des
disparitions mineures de ce genre sont sûrement prévues au budget de l'entreprise (composée d'atroces spéculateurs, rappelons-le). Que si Laura avait pris ce sac, c'est que sans conteste, ça lui faisait plaisir, -parce que c'est rare qu'elle flashe sur quelque chose à ce point-, et que ce serait cruel de le ramener au magasin maintenant qu'elle avait l'impression que le sac était à elle.
Que de toute façon, personne ne viendrait me demander des comptes, maintenant que le cap crucial de la sortie du magasin était dépassée. En plus, rappelons-le, on était quand même presque arrivés à la maison
angelet, alors hein. Au fond, je ne nuis réellement à personne, et notamment ma fille est contente. C'est pas bien, de faire le bonheur de sa fille, peut-être?...

Et puis je me suis rendue compte que c'était quand même un peu la voie de la facilité, tout ç
a.

Que garder cette babiole sans la payer, 1) c'était pas beau, 2) ça donnait un très mauvais exemple pour les enfants, insidieux mais tellement parlant.

Alors j'ai fait demi-tour.

Héroïque, je vous ai dit.

Mais pas infaillible : j'ai quand même craqué et décidé de payer l'objet.



Vous savez ce qui s'est passé au moment de repasser à la caisse ?

Au moment de scanner l'étiquette, la caissière a ouvert le sac et regardé l'intérieur.

.......Peut-être qu'elle croyait que je cachais quelque chose dedans pour l'emporter sans payer ?

Ce monde est d'un méfiant....

Posté par Cinn à 10:30 - Mes demi-clones - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 mai 2008

La crêpe de la tentation

C'est, sans aucun doute, un lieu dédié aux plaisirs des sens et à la décadence.

Dès notre arrivée, une jolie hôtesse nous montre notre place. Il s'agit de l'une des six tables alignées sur toute la largeur de la petite crêperie. Le décor est simple, l'ambiance agréable. Reste à savoir si la cuisine est bonne...

C'est là que la géographie des lieux intervient. Car les six tables évoquées plus haut sont à présent toutes occupées, par des convives arrivés deux par deux, à quelques minutes d'intervalle. Les commandes ont été prises à peu près dans le même ordre et au même rythme, et les plats vont donc arriver les uns après les autres en partant de la table la plus éloignée, pour se rapprocher de nous.

Il suffit donc de surveiller la vague successive de délices qui se déposent devant nos voisins pour avoir une idée de ce qui nous attend.

A deux tablées de nous, deux assiettes fumantes, copieusement remplies, atterrissent devant nos presque voisins. Coups d'oeil en coin. S'agit-il d'un plat de la carte, d'une suggestion du jour ? On distingue bien, avec des coups d'oeil obliques presque discrets, d'appétissantes pommes de terre parsemées de fines herbes, mais s'agit-il de poisson ? De coquilles Saint Jacques?... Non!.. non, ce serait inconcevable, impensable : normalement les Saint Jacques sont servies avec des pâtes aujourd'hui. il y aurait eu traitement de faveur, 

De toute manière, ce sont des galettes de sarrasin que nous avons commandées. Justement, juste à côté de nous, arrive une, puis deux galettes de blé noir, dont l'une est accompagnée d'une salade verte et d'une tranche de tomate

Nous sommes fixés : ce sera délicieux.tentation

Sa crêpe avalée, une jolie jeune fille de la même rangée de table se décide : Je m'en tiendrai là, je ne prendrai pas de dessert. Ce n'est pas bon pour ce que j'ai. Crêpe ou glace, vous ne m'aurez pas, je serai forte pour défendre mon tour de taille.

Et à la table voisine, arrivent une coupe de chocolat chapeautée d'une toque de crème chantilly et une énorme crêpe nappée de chocolat, elle aussi décorée de crème.

Les yeux bleus louchent vers l'assiette voisine :

"...Elle me fait envie, la crêpe du monsieur".

Est-ce l'odeur du chocolat chaud ? La pointe de crème blanche, tentatrice, restant un instant au coin de nos lèvres ? Toujours est-il que le temps que la serveuse revienne, la petite blonde avait craqué :

"Je prendrai une crêpe chocolat-banane-chantilly"

C'en était trop pour nous :

"... Copieuse !..

- Elle a succombé!!"

Confuse et rosissante, sous les huées, elle s'est caché le visage derrière son menu.

Mais la crêpe étant réellement succulente, je pense qu'elle n'a pas regretté d'avoir cédé à la tentatrice.

Posté par Cinn à 11:45 - Bonheur en petite monnaie - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 avril 2008

Travaux en cours, espace à vendre?

Le mail d'accroche était très flatteur au départ. Des gens ont exprimé "un vif intérêt" pour mon site (sic!). On veut même me payer. Hourra ! Allelluia ! Je suis reconnue pour mon immense talent littéraire et pour mon oeuvre immortelle. La Pleïade, me voilà ! Ah non, c'est pas pour être éditée ? C'est pour faire quoi ? Ah... des campagnes de pub ?

Le principe est simple. A ma droite, des annonceurs qui cherchent un créneau dans le vent pour se faire entendre : "visibilité, trafic et transformation".  A ma gauche, des bloggeurs réguliers, déjà bien installés, "Leaders d’opinion, experts dans leur domaine d’activité, consommateurs/utilisateurs avertis, animateurs d’une communauté autour de leur site... ils sont tous validés [par nos soins] en raison de la pertinence de leur profil et de l’intérêt de leur blog", qui disposent donc d'un espace où un public a ses habitudes et vient lire/regarder avec intérêt et disponibilité d'esprit. Un mariage parfait. Le réseau de l'un servirait le message de l'autre.

pannoAlors j'ai réfléchi. "relayer" une campagne médiatique. Pour 5 euros (c'est le prix minimum ), offrir à un annonceur un espace publicitaire qui doit obligatoirement rester intact sans limitation de durée (Bin non, on n'a pas le droit de modifier ou de supprimer un article publié). Et surtout, perdre une partie de la liberté que j'ai à écrire, puisque mes articles devraient être approuvés avant d'être rémunérés. Un "bouche à oreille", mais sans spontanéité, un buzz orchestré, une spontanéité feinte, une rumeur artificielle, dont je serais l'actrice.

Dès que j'aurais accumulé 100 euros, je pourrai être payée "à 45 jours". Je pense qu'à ce propos, il faudrait vérifier si les annonceurs, eux, doivent payer d'avance, car si c'est le cas il y a baleine sous gravier.

 

Il y a un système de parrainage, où l'on est rémunéré selon les gains de ses filleuls lorsque l'on a réussi à faire inscrire une connaissance au même réseau. Je ne sais pas, ça m'a toujours mise mal à l'aise, ces systèmes là.  Comme si on chosifiait une connaissance, comme si on instrumentalisait un rapport humain. Comme si le rapport que l'on a avec quelqu'un perdait de sa pureté en devenant en partie une affaire de sous. Mais oui, vous avez sûrement raison, c'est sûrement vrai, tout le monde y gagne. Bin oui, mais ça me chiffonne quand même sérieusement.

Il semblerait, qu'ils disent, que ma ligne éditoriale soit tout à fait dans la problématique des annonceurs. J'ai demandé des précisions par mail. Devinez de quoi on m'a parlé ? Mode et déco.
Je défie quiconque de trouver sur ce blog un seul article de déco et/ou plus de trois articles qui parleraient de vêtements.
Non, vraiment, je doute fort d'être une "experte en conso" pour quoi que ce soit qui soit vendable.

Et surtout j'ai eu cette vision. Internet ne serait plus qu'un immense espace publicitaire. Il n'y avait plus un seul contenu qui ne chercherait pas à vendre quelque chose. Non seulement on filtrerait des centaines de spams par jour. Non seulement à chaque page de surf, on aurait des pop-ups et des pops-under, sans compter ces écrans qui viennent se placer devant la page que vous voulez lire et qu'il faut fermer avant d'arriver au contenu lui-même. Mais en plus, lorsque vous auriez fermé tous les écrans parasites, lorsque vous vous sentiriez enfin un peu détendu, un peu réceptif (c'est justement ce qu'ils cherchent), vous retrouveriez dans vos blogs préférés les mêmes marques qu'on vous a déjà martelées ailleurs. Impossible de savoir si le bloggeur écrit parce qu'il a vraiment aimé, ou parce qu'il a besoin de ses 5 euros.   

Un Net écoeurant, parasite, saturé.

On en est peut-être presque là, mais je n'ai pas eu envie d'y contribuer. Vraiment pas.


Et vous ?.......

Posté par Cinn à 10:30 - Objection ! - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Page suivante »