28 février 2008
Des soucis et des sushis
La journée a été longue et pas facile au travail. Maintenant, il fait presque nuit, et j'ai hâte d'être enfin chez moi, d'autant qu'en ce moment mes enfants sont au bord de la mer et que j'ai envie de me reposer (étrange, hein, ce phénomène de décompression. J'ai moins à faire, je peux dormir, et pourtant je me sens épuisée !).
Passage à la boutique SNCF pour achat d'un billet de train. Le guichetier me demande si j'ai une carte de fidélité : "Avez-vous moins de 26 ans?". Oh le vil flatteur. Un peu gros, mais gentil quand même : je le remercie en me marrant. Jovial comme tout, il me vend les billets dont j'ai besoin et réussit même à me convaincre d'investir dans une carte Eskapad pour avoir des billets moins chers. A cause de moi, il ferme son agence un peu trop tard, mais sans montrer le moindre signe d'impatience.
En sortant de là, je décide d'investir dans mon péché mignon préféré. Les sushis. Lex, quand il avait quelque chose à se faire pardonner, ne m'offrait pas de fleurs, mais me rapportait des sushis et sashimis.
Je connais ce restaurant japonais, pour y être allée deux ou trois fois, mais à ma surprise, le gérant me reconnaît immédiatement et vient me serrer la main. C'est un type éternellement souriant et chaleureux, qui semble en plus avoir une excellente mémoire puisqu'il se souvient de moi. "Avec des personnes agréables comme vous..." dit-il.
Et de deux gentillesses en
une seule soirée. Chic !
Même l'ambiance du restaurant, en attendant mon menu à emporter, est apaisante. Sur le haut des murs court un éclairage rose orangé qui donne l'impression d'une tranche de coucher de soleil, et qui rompt l'assemblage de couleurs sobres qui caractérise les restos japonais. De petits bruits de baguettes qui picorent leur repas, des poissons qui se promènent dans leur bocal, un nouveau sourire de mon hôte quand il m'apporte l'addition... je reprends du poil de la bête. Il en faut peu, au fond.
J'adôôre les sushis.
15 février 2008
Ca déménage...
Elle en a de drôles d'idées, ma soeur, en matière de déco.
Elle n'habite pas la porte à côté, ma soeur, alors comme elle passait dans le coin, elle m'a rendu une courte visite. J'ai prévu une cafetière et des petits gâteaux que Raphaël a fait tourner, en "jeune homme de la maison".
"On achète un appartement ! Regarde, voilà le plan.... "
Fiche caractéristique. Photo d'un joli séjour qui semble accueillant et lumineux.
"Regarde, et ça, c'est ce qu'on va mettre dans la chambre du fond...".
Papier peint ? Tableau ? Ameublement remarquable ? Que nenni.
Dans l'enveloppe, une photo d'échographie.
12 SA.
Et voilà comment j'ai appris que j'allais être tata pour la deuxième fois...
11 février 2008
Poudre blanche
J'ai pris une étrange décision la semaine dernière. Je suis (ou j'étais) accro à cette poudre blanche. Comme beaucoup.
Pourtant, selon certaines sources, elle serait très dangereuse pour la santé : troubles cardio-vasculaires, ostéoporose, entretien des inflammations intestinales, baisse immunitaire, cancer même! Et oui, caries, obésité et diabète aussi, mais ça, c'est plus connu.
L'addiction est redoutable. Discrète, insidieuse puisque cette poudre là fait partie de notre quotidien et est présente partout, de manière plus ou moins visible. En prendre une dose, c'est risquer d'avoir bientôt la pulsion d'en prendre une seconde plus importante, tout ça pour retrouver cette impression d'euphorie et d'apaisement. Elle a un effet tranquillisant, tant pour des raisons neuro-biologique (activation de centres de plaisir) que celles liés à un conditionnement qui peut remonter à l'enfance, voire la vie foetale. Il serait plus difficile de guérir de cette addiction que d'arrêter la cigarette ou le crack.
Voilà pourquoi, en guise de carême, j'ai décidé d'arrêter pour quarante jours les produits sucrés.
Je n'arrête pas les plats/sauces tous préparés, qui peuvent contenir beaucoup de sucre. Mais c'en est fini (pour un temps) des sucreries, pâtisseries, viennoiseries, chocolats, gâteaux et compagnie.
Une expérience. Un test. Et aussi, un espoir de prendre des habitudes moins sucrées par la suite.
Jusqu'ici, tout va bien. Une prise de conscience (attendue) de la place qu'elles occupent dans ma (nos?) vies. Et aussi, accessoirement, juste deux ou trois rêves bizarres avec présence de pâtisseries. C'est pas Siegmund que ça étonnerait...
05 février 2008
La Vache Chanceuse
C'était, de très loin, mon fast-food préféré, et pourtant je n'y avais jamais mis les pieds. Et maintenant, il est fermé...
L'auteur de ce petit bijou de comic strip anglophone, Mark Pett, a décidé de mettre fin à la série après cinq ans de parutions quotidiennes.
Il y racontait la vie quotidienne d'un magasin franchisé "Lucky Cow", avec une palette de personnages, dont le directeur du magasin, sa fille, Clare, adolescente accro aux sms et flemmarde, à qui la technologie a donné des modes de pensée étranges et l'inoubliable Neil, un candide lycéen drogué aux bonbons.
Y était gentiment raillé le mode de vie qui consiste, en gros, à manger des hamburgers en regardant des programmes abrutissants à la télé. Lucky Cow, pour préserver son fonds de commerce, est justement un restaurant qui promeut ce mode de vie. A qui doit-on le premier restaurant spatial ("Lucky Cow, le seul restaurant où on vous garantit que vous ne prendrez pas de poids!!"), l'invention géniale du tapis de course à moteur (c'est bien moins fatigant), et autres manifestations d
e la philosophie de couch potato ?
On y trouvait aussi quelques coups de dents, sur un ton faussement naïf, au système économique américain, par exemple à travers le sort des employés des magasins de la franchise : "Qui a dit que vous étiez un loser parce que vous aviez quitté le lycée avant le Bac ? Rejoignez nos équipes Lucky Cow : c'est l'aventure assurée : sans ass
urance santé, c'est tous les jours le grand frisson, vous êtes sur la corde raide en permanence!". Quant aux grands pontes de la direction de l'entreprise internationale qu'est
Lucky Cow, ce sont des industriels cyniques et sans scrupules, qui
prennent des décisions arbitraires et vivent au-dessus des lois. On y trouve même quelques caricatures politiques et quelques bons sentiments.
Cet humour absurde mais inspiré de la vraie vie (l'auteur a travaillé un mois dans un Macdo avant de commencer la série), j'adore. Il faudrait vous en montrer plein d'autres, il faudrait vous raconter le jour où un gang de bikers philosophes (les Hegel's Angels) ont failli se bastonner avec des bikers partisans de Descartes ("I stink, therefore I am"). Comment Clare tire enfin parti de sa manie de passer son temps à écrire des sms (en gagnant une partie de "pouces de fer" à la manière d'un bras de fer).
Seulement voilà, c'est terminé. Je m'étonnais de ne plus voir paraître de planches depuis deux jo
urs : un petit tour sur le site officiel de Mark Pett m'a confirmé ce que je n'osais pas imaginer.
Moi, il va falloir que je me dégote les albums, je crois. Et vous, vous les connaissiez ?
P.S. : oui, je sais, il faudrait que je fasse une traduction rapide des BD que je copie ici...Qui en veut une ?
29 janvier 2008
"Je suis tombé sur votre blog par hasard"
Chez Les Perles du Chat, cela voudrait dire que le visiteur cherchait à l'origine une photo de sa copine de lycée nue ou une adresse msn de femme, ou encore quelqu'un qui l'aide à réaliser son rêve de devenir acteur porno. (pour ceux qui se poseraient la question : je lui ai rendu visite pour la première fois via un lien d'un autre blog que je lisais régulièrement). Par la suite, évidemment, on devient totalement amnésique sur la question, et on est venu "par hasard".
Une partie de mes visiteurs recherche des informations sur l'allaitement long ou la baisse de lactation. D'autres ont des requêtes beaucoup moins catholiques, et qui valent parfois leur pesant de cacahuètes. Bref, je n'ai pas pu résister à la tentation d'aller vérifier quel était ce "hasard".
Ce garçon n'était effectivement pas venu chez moi par hasard.
Sauf que, c'est dingue, sa recherche était tout à fait avouable. Il m'expliquait dans son message être étudiant en thèse de médecine, et faire des recherches sur un problème de santé auquel j'avais fait allusion au détour d'une phrase. Incroyable mais vrai : sa recherche portait bien sur le problème en question. Qui n'avait rien de croustillant et ne fait l'objet d'aucun fantasme libidineux, à ma connaissance.
Mais alors, pourquoi avoir parlé de "hasard" alors que c'est une recherche tout ce qu'il y a de plus honorable et respectable qui l'a amené sur mes pages ? Non seulement honorable, mais pleine de détermination puisqu'il n'était arrivé sur mon blog qu'au bout de plusieurs dizaines de pages de Google. Donc qu'il contacte des centaines de personnes dans le cadre de sa recherche. Autant annoncer la couleur dès le départ, non ?
"Je voulais dire au hasard de mes recherches" m'a t'il répondu.
A force de côtoyer des bizarreries du net, on en vient à avoir des doutes sur tout, même sur un brave étudiant en médecine...
31 décembre 2007
Bureau fantôme
Les ambiances de bureau de jours de très grand creux, c'est quand même spécial.
On est une poignée de chanceux à être de corvée de garde. Au début, on se croirait dans un bureau fantôme. Les couloirs sont déserté lorsqu'on arrive. On commence à travailler tout seul, sans voir personne. On ne croise personne en allant chercher son petit café. C'est le silence.
Il y a du travail, oui, mais assez peu, et bien sûr tous les chefs sont partis, tout en assurant une présence virtuelle (téléphonique ou par mail) depuis leur plage de sable fin ou leur piste rouge. On peut rattraper en toute quiétude des trucs qui traînaient et qu'on n'a pas eu le temps de faire depuis des lustres.
On peut écouter de la musique (oui, d'habitude, ça passe mal). C'est un peu encore les vacances, en somme.
Petit à petit, la résistance s'organise. A force d'attendre et de faire le tour des bureaux, on trouve deux pelées et un tondu rescapés, prêts à partager leurs impressions et à parler (bien sûr) de leurs projets de réveillons ou de leurs cadeaux de Noël. Ca papote un peu, oui.
Puis il y a les traîtres, les lâcheurs, ceux qui laissent tomber ce qui reste d'équipage en cours de route et qui rentrent chez eux : "Je te souhaite un bon réveillon, moi je n'étais là ce matin que pour rattraper quelques heures".
Et vous, travaillez-vous dans une entreprise fantôme certains jours de l'année?
27 décembre 2007
Charming
Le Prince Charmant est arrivé chez moi. Juste au moment où je m'y attendais le moins. Le cheveu blond et soyeux, tout en armure. Aucun doute, c'était bien lui.
En un clin d'oeil, je l'ai monté, sans même consulter la notice : il suffisait d'assembler la partie supérieure à la partie inférieure.
Las ! Mes bouts de chou s'en sont très vite emparé, l'ont resectionné en deux, et l'ont enfermé dans une bouteille d'eau minérale vide, juste pour jouer. Et il ne s'est même pas défendu. Voilà ce que c'est que de sortir d'un oeuf K*** et de mesurer quatre centimètres. Pauvre Prince Charming de Shrek.
On a les Prince Charmant qu'on peut.
24 décembre 2007
Les yeux de Chimène
"Je ne vous l'avais jamais vu sur le portrait. Vous êtes adorable!"
Lorsqu'on partage la vie de quelqu'un depuis un peu plus de six ans, c'est toujours une bénédiction de voir que l'autre ne vous tient pas complètement pour acquis et remarque les petits efforts que l'on fait pour prendre soin de soi.
Il ne faut pas trop lui en demander non plus : c'est un garçon. Donc, il faut un changement assez radical pour avoir droit à une remarque aussi agréable. Là, c'était un
chapeau, un chapeau cloche rose. Il ne pouvait donc pas le rater. Pas sûr que ça eût réussi pareil avec un changement de la teinte de mon ombre à paupière.
Avec un changement radical de coiffure, ça marche aussi (compter une diminution de longueur d'environ 30 cm, ou un passage brutal du blond platine au noir corbeau).
En tout cas, quand on débarque au bureau moyennement enthousiaste à l'idée d'y passer la journée au lieu de rester au chaud sous la couette, rien de tel qu'un petit compliment de votre chef pour vous ensoleiller la matinée.
22 décembre 2007
L'encombrant
Des années que je le côtoyais sans pouvoir le supporter. Et maintenant, il est parti. Je m'était presque habituée à lui, mais maintenant qu'il se retrouve sur le trottoir, à attendre le camion qui va l'emporter, mon soulagement est réel et la sensation de libération, presque palpable. Je lui avais trouvé un remplaçant depuis peu, mais l'atmosphère était devenue irrespirable avec les deux qui se côtoyaient dans la même pièce.
Il a fallu tout d'abord le démembrer. Pinces et clés alènes, il m'a fallu de l'aide pour en venir à bout mais il s'est bientôt retrouvé découpé en plusieurs morceaux suffisamment peu encombrants pour pouvoir être descendu sans mal par les escaliers.
C'est surtout Lex à qui il plaisait, mais il n'a pas voulu l'emmener avec lui quand il est parti vivre ailleurs. Je me souviens de la première fois que je l'ai vu, avec sa taille ridiculement haute, sa dégaine d'un autre siècle, son habillement de cuir vert. Je ne voulais pas de lui, c'est Lex qui a insisté pour qu'on le ramène à la maison. Au fil du temps, il est devenu plus moche encore, lorsque le chat de mon frère l'a déchiqueté à coups de griffes et que mon chat s'est mis à l'utiliser régulièrement comme litière. J'ai dû utiliser un flacon entier de Féb***e pour tenter d'enlever l'odeur des coussins et je lavais la housse parfois tous les jours. Que de souvenirs odorants.
Mais voilà, maintenant j'ai un autre canapé. Un beau cadeau d'anniversaire (surtout que c'est moi qui l'ai choisi). Et comme c'était enfin le jour des encombrants, (et surtout que pour une fois j'y pensais à temps. D'habitude, c'est deux jours après), ce souvenir pesant du passé et de ma vie avec Lex a enfin disparu de mon salon. Ouf.
Prochaine étape : que Lex déménage enfin tout le barda qui traîne encore chez moi depuis qu'il n'habite plus ici. J'ai hâte.
20 décembre 2007
L'engin tout dur de mon voisin
"Cet après-midi je me suis faite le voisin, c’est vraiment un
dieu du sexe. Avec un super-gros engin, c’est formidable de s’empaler
dessus, vivement la prochaine fois. Des photos de moi nue (ainsi que mon msn) en cliquant ici (et puis aussi l'histoire de mon aventure avec mon voisin bien membré".
Voilà que Natacha se met à faire dans le racoleur et le croustillant pour faire la promo de son blog. Sans s'en cacher d'ailleurs : "Je ne suis pas sûre de bien maîtriser, mais c’est bien comme ça
qu’on dit ici « venez sur mon site, il y a un nouvel article, ça
faisait longtemps », non ".
Il est grand temps que je réagisse. Que je me reprenne. Que je m'y mette, moi aussi, sinon je ne vais plus avoir un seul lecteur, je vais tomber dans les oubliettes du web : tout le monde sera parti lire les jeunettes qui racontent (ou pas) comment elles se font leur voisin. Ou bien comment elles torturent des petits jeunes.
Alors voilà, faut que je vous raconte. Mon voisin aussi en a un long. Très long, et très dur. Et il n'hésite pas à s'en servir. Il me l'a raconté après. Que de passion cachée chez cet homme qui lorsque je le croise, a ce regard bleu si tranquille. Quelle vigueur pour un homme de son âge ! Je lui inspire de telles pensées que le désir brutal lui vient de s'en emparer, de le dresser dans toute sa longueur, et de frapper le plafond avec. Un coup, un autre, encore un autre.
Et les jours où les enfants ne font pas de bruit, je pense qu'il s'en sert juste pour balayer, comme tout le monde.
Voilà ! Je n'ai plus qu'à surveiller mes stats, tout devrait rentrer dans l'ordre.
