Travaux en cours

Le journal d'une maman solo qui tient à ses (au moins) deux casquettes : femme et mère.

02 avril 2008

Du sang et des carpes

Attention, la lecture de ce billet est déconseillée aux enfants et aux personnes sensibles. Y va y avoir du gore, d'autant que l'auteur aime bien exagérer un peu dans l'espoir de se faire plaindre.

La malédiction qui touche mes poissons rouges se confirme. Sauf que cette fois, c'est moi qu'elle a atteinte.

Souvenez-vous. Un de mes poissons rouges était mort coincé dans mon lavabo (oh pardon les enfants, je veux dire : s'est sauvé et vit maintenant en liberté dans une jolie rivière avec plein de nouveaux copains). Le  deuxième est ne lui a pas survécu longtemps, mais a connu une mort plus classique pour un poisson rouge : le flottage inerte entre deux eaux.

Et voilà qu'en voulant changer l'eau du bocal, l'objet m'a échappé des mains et est shattervenu exploser par terre.

Coup de chance : j'ai été la seule victime de l'accident. Les enfants finissaient de dîner dans une pièce voisine (ce qui fait que tout en essayant de stopper mon hémorragie, lutter contre la perte de conscience et de ramasser les premiers bouts de verre, je devais répondre par des messages d'attente, comme on dit commercialement, à des réclamations de dessert). Le poisson, quant à lui, était déjà en sécurité dans le lavabo.

Moi, je ne sais pas comment j'ai fait mon compte, mais je me suis retrouvée avec un bout de peau de doigt à demi arraché. Au vu de la couleur de la plaie, j'ai d'abord cru qu'un morceau de verre était resté coincé sous la peau, mais ce n'était pas le cas. Par chance, j'avais  à portée de main force comfingerpresses et de quoi faire un pansement rudimentaire. Non sans l'impression fugitive, au choix, d'être en train de faire disparaître les preuves d'un crime atroce. Ou d'être en train d'opérer un truc à moitié mort.

Premier constat: j'ai une chance folle de supporter la vue du sang. Ce n'était vraiment pas le moment de tourner de l'œil, toute seule avec deux enfants de 2 et 4 ans, des morceaux de verre pointus partout, sans compter un poisson en attente dans un lavabo dont la bonde n'est pas complètement étanche.

Deuxième constat : la seule réaction de Raphaël devant la catastrophe a été "Berk, du sang. Attentionnnn Maman, tu en as mis par terre!". Mes enfants n'ont aucune compassion. Maniaque, va ! Commence par aller ranger ta chambre, tu veux ?!

Troisième constat : avoir un doigt invalide, c'est embêtant. Mon addiction à l'ordi (sans parler de ma vie professionnelle) en prennent un coup. Imaginez. A chaque fois que je tente de taper un Z, un S ou un X, ou même un é, je tape une ou deux lettres en plus. J'ai rarement autant utilisé la touche "effacer" de mon clavier.

Quatrième constat : J'ai maintenant trois poissons rouges dans un bocal prévu pour un seul. On va dire que c'est plus convivial ?...

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28 mars 2008

L'herbe y pousse

poissonCette fois-ci, je me l'étais promis, je prendrais soin de lui. Je soignerais son cadre de vie pour qu'il reste avec nous le plus longtemps possible. Je le chouchouterais, le bichonnerais, le nourrirais, pour qu'il ne lui vienne ni idées d'évasion à risque, ni envies d'en finir avec la vie.

Bref, j'ai décidé de racheter des poissons rouges. Et une algue, pour la verdure, le décor et l'oxygénation de l'eau. Accessoirement, la présence d'une algue permet de pallier commodément à quelque oubli de donner de la nourriture aux bestioles : si on ne leur donne pas leurs paillettes, les poissons bouffent la plante, et survivent comme ça. J'appelle ça une précaution gagnant-gagnant. Amen.

Donc trois poissons rouges (pour qu'il n'y ait pas de jaloux, et puis des fois qu'il y en ait encore un qui meure, hein). Une algue touffue. Un joli rocher pour jouer à se glisser dedans. Et on passe à la caisse de l'animalerie, après avoir fait la queue pendant que les enfants s'émerveillaient en circulant entre hamsters, souris, perruches et lapins divers.

Au moment où j'allais partir avec tous mes sacs :

La vendeuse (écartant un doute) : "Au fait, vous savez, hein ? Il faut les acclimater".

Moi (ébranlée mais prête à m'instruire) : "Ah bon, comment ça? "(en fait, c'était peut-être plus proche du "Hein?")

La vendeuse  "Et bien, vous prenez le sac des poissons, vous le laissez une demi-heure sur l'eau de l'aquarium pour que les températures s'harmonisent, et ensuite vous percez le côté du sac pour leur permettre de passer du sac à l'aquarium... vous avez bien un aquarium?"

Moi (pas à l'aise et faisant comme si c'était un peu la même chose) : "Heu... un bocal, oui."

antibocalLa vendeuse (en plein diagnostic) : "Quelle taille?"

Moi (me croyant sincère, mais en fait grossissant assez considérablement la réalité)  : "A peu près comme ça"

La vendeuse (péremptoire) : "Il faut à peu près deux litres d'eau pour 1 centimètre de poissons".

Moi (sans voix). "..."

La vendeuse (probablement entre le mépris et la pitié) : "Il va peut-être falloir revoir votre équipement... "

En une minute environ, je suis donc passée de "femme qui tient au bien-être de ses compagnons à nageoires" à "folle inconsciente bourreau de poissons". Oui, même en ressortant un autre bocal (plus petit) pour mettre le plus petit poisson, ils manqueront cruellement d'espace.

Depuis, je suis allée voir et là. C'est encore pire : "prévoir un minimum de 60L pour un premier aquarium" (quand ce n'est pas 250L). "Si le poisson est dans un bocal, alors sa croissance s'arrêtera naturellement, mais ceci dans de grandes souffrances...". J'ai eu plusieurs fois des poissons rouges et croyais bien m'en occuper. Enfin, à peu près. Je lis seulement aujourd'hui qu'il faut faire reposer l'eau pendant trois semaines avant de la mettre dans un bocal de poissons. Rapé.

Je pense que ma vendeuse a gagné une nouvelle visite de ma part dans les semaines qui viennent.

Posté par Cinn à 10:30 - Carassius auratus - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 octobre 2007

Sans cage

Il a choisi l'évasion la plus universelle et la plus radicale.
Il en avait peut-être assez de vivre enfermé dans cette cellule étroite, même transparente, même ornée d'une algue, même nettoyée régulièrement.
Il est parti en laissant son corps derrière lui, pâli et flottant entre deux eaux.

Ou alors, il a trop mangé et il a eu l'indigestion du siècle.

C'est bien la première fois que la mort d'un poisson rouge me fait ce drôle d'effet là. C'est les enfants qui sont plus impressionnables, normalement. Et là, tout ce que Raphaël a trouvé à me dire, c'est : "C'est pas grave ! Il faut qu'on en rachète un autre." Avant, évidemment, de l'oublier purement et simplement.

"Mon poisson rouge ayant appris
Que des oiseaux vivaient sans cage
S'est dit un beau jour moi aussi
Je voudrais voir du paysage

Mon bocal est trop petit..."

Posté par Cinn à 10:30 - Carassius auratus - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

12 août 2007

"Victor, nettoyeur"

rubberballIl semble que la cavale de mon poisson rouge ait tourné court.


Je l'imaginais profitant de sa toute nouvelle liberté, où certes la pureté de l'eau laisserait un peu à désirer, mais où nul bocal n'entraverait ses mouvements et où il ferait des tas de découvertes passionnantes. Ce serait une vie libre et sauvage, telle que le Seigneur l'a souhaitée pour un petit ostéichthyen. Incidemment, je me disais que l'étendue de sa capacité de concentration limiterait l'intérêt de ces expériences, mais il semble que la "mémoire de poisson rouge" de 3 secondes ne soit qu'une légende. Bref, la belle vie.

poisson_route

Hélas, trois fois hélas. Une odeur de poisson pas frais s'est mise à s'échapper du lavabo.

Sans vouloir tirer de conclusions hâtives, je pense que c'est mauvais signe.

Cela pourrait être un début d'indice que le tuyau qui relie le trop-plein à l'évacuation d'eau principale doit en fait se rétrécir avant d'atteindre celle-ci (on ne peut pas le voir de l'extérieur). Donc que la bestiole aurait connu, à peine libre, une mort muette par asphyxie.

Paix à son âme. Et maintenant, je fais quoi pour l'odeur ?

J'ai administré à mon trop-plein un petit gobelet de liquide destiné à "éliminer les résidus et supprimer les mauvaises odeurs" des canalisations. Ca m'a paru tout indiqué. 

Le cadavre du poisson devrait donc sous peu être dissous par  l'acide qui, soit dit en passant, est "à base de produits naturels" et à "95% biodégradable" (je dis ça pour  tenter de rentrer dans les bonnes grâces de mes commentateurs brigittebardotiens,  ce qui au vu des réactions au dernier billet, n'est pas gagné).victornettoyeur

Appelez-moi : Victor, nettoyeur.

Posté par Cinn à 10:30 - Carassius auratus - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 août 2007

Jouer la fille de... l'eau

Et si je vous disais que mon poisson rouge s'est échappé ?

Plus exactement, le plus petit des poissons rouges de mes enfants.

Il a tout simplement profité du moment où je m'apprétais à nettoyer le bocal, maintenant mes deux protégés dans un lavabo plein d'eau fraîche. Très plein d'eau fraîche. Au point d'atteindre le trop-plein. J'ai vu le petit poisson se courber, et hop ! il a disparu, accompagnant le petit filet d'eau qui se déversait vers l'inconnu.

Stupéfaite, j'étais.

Il ne m'a fallu qu'un instant pour décider de démonter le siphon, au cas où le poisson aurait été coincé dedans (comment supporter cette idée?). Dégager fébrilement le placard. Préparer une cuvette. Dévisser. Une vie était en jeu, parbleu!.... mais peine perdue, point de poisson.

Donc, jusqu'à preuve du contraire, il mène, à l'heure qu'il est, une vie de liberté dans les égoûts de ma ville.

Vous croyez qu'il va survivre ?

(Nota : penser à racheter un identique avant le retour de vacances des enfants).

Posté par Cinn à 10:30 - Carassius auratus - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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