13 août 2008

NDE

Inanimé, l'oeil fixe, ils flottaient silencieusement sur l'eau trouble. Une puanteur nauséabonde, une odeur de pourriture et de décomposition. J'ai cru voir deux cadavres.

J'avais tout juste posé mon sac à l'entrée avant de vérifier l'état de santé de mes poissons rouges. Je savais que l'eau ne serait pas tout à fait pure, vous pensez, après une semaine. La voisine est venue tous les jours mais m'avait prévenue : elle n'aime pas toucher aux poissons pour nettoyer le bocal. Elle m'avait laissé un petit mot très gentil pour me dire qu'elle avait changé une partie de l'eau, mais pensait qu'il faudrait nettoyer l'aquarium entièrement. Si c'est pas un euphémisme, ça... Un seul poisson avait encore l'air de nager normalement, les deux autres flottaient comme des cadavres de noyés.

Puis j'ai vu qu'ils bougeaient. Faiblement, mais ils bougeaient. Leur bouche se dilatait et se rétractait, comme en une ultime respiration, une agonie dont je me suis demandé depuis combien de temps elle durait.

Rongée par la culpabilité, je les ai mis dans la baignoire remplie d'eau. Le plus gros des poissons n'a pas réagi, mais le plus petit s'est ranimé et s'est mis à nager.

Je l'ai cru perdu.

Il réagissait un peu quand je le touchais, mais le sinistre flottement reprenait aussitôt.

Il lui a fallu encore un bon quart d'heure pour se remettre à bouger normalement, une fois l'eau remplie.

Impressionnant. Heu, quelles séquelles, docteur ?

Heureusement que je n'ai pas fait de carrière médicale ou vétérinaire. Je ne m'en tirerais peut-être pas aussi bien à chaque fois.

Posté par Cinn à 10:30 - - Permalien [#]