14 décembre 2007
La visiteuse du soir
Tout était calme dans la maison lorsqu'elle a sonné à la porte.
Normalement, quand quelqu'un vient sonner ou tocquer à cette heure-ci, et à l'improviste, c'est un voisin. Et un voisin, chez moi, ça ne vient pas à l'improviste apporter des fleurs. Ca vient râler.
Bon, ce n'est quand même pas arrivé souvent : une fois parce que Raphaël faisait un gros caprice à une heure du matin, et que le voisin demandait vertement qu'il arrête de crier (bon, moi j'étais en train de passer une des pires nuits de ma vie, j'étais debout depuis plus d'une heure, et moi aussi j'aurais bien aimé qu'il arrête, alors je n'ai pas pu lui donner satisfaction tout de suite). Une autre fois, vers l'heure du dîner, une voisine qui me faisait remarquer que ma poussette double n'était pas rangée dans le garage à vélo comme il le faudrait, c'était sans doute parce que je n'avais pas la clé? (non, c'était parce que même une poussette simple, c'était dur à passer dans ce garage là). Bref, une visite d'un voisin, c'est souvent des choses désagréables en perspective (bon, là, certains se demandent si je suis vraiment une bonne voisine. Nan, nan, c'est pas moi, c'est la faute des autres, comme d'hab. Je tombe toujours sur des voisins grinchons).
Oui, mais là, tout était super calme. Les deux schtroumpfs s'apprêtaient à se coucher, j'étais en train de leur lire "T'choupi a peur de l'orage". Ca ne fait pas de bruit, de raconter "T'choupi". Bon, c'est vrai que dans celui là, il y a des bruitages : le tonnerre et les éclairs qui font tacatam boumboum. Mais c'est quand même pas avec ma frêle voix que j'ai pu déranger mes voisins à l'oreille si fine, si ? Si ?
C'est pas possible ! Pourquoi moi ? Qu'est-ce qu'on me veut encore?
Je pose le livre. J'ouvre la porte. C'est bien la voisine. Celle du dessus.
Sauf qu'elle a une attitude bizarre pour quelqu'un qui vient se plaindre du bruit : elle ne me regarde pas, elle baisse même un peu la tête.
Et elle fait un pas en avant pour entrer chez moi.
Je la regarde et comprends en même temps qu'elle ce qui est en train de se passer.
Elle lève la tête, toute gênée :
"Oh, je me suis trompée d'étage...."
Au bout d'un an et demi, je pense que la glace est rompue entre nous...
10 décembre 2007
Mode mod-all
Vous les puristes, vous qui ne jurez que par la dernière mode, ou, si possible, la prochaine. Vous qui tenez pour des ploucs ceux qui gardent leur mobilier d'il y a dix ans, qui affublez vos enfants de fringues griffées pour qu'ils puissent s'intégrer plus facilement à la maternelle. J'ai besoin d'un avis.
J'avais trouvé cette jupe, qui me plaisait bien. Un peu évasée à la base, plutôt fine en haut des jambes. Elle était un peu large au niveau de la taille, mais me plaisait quand même suffisamment pour que je retourne au magasin pour l'acheter, quelques jours après l'avoir essayée.
"Tu l'as achetée récemment, ta jupe? Parce que j'en cherche justement une comme ça, et il n'y en a jamais..."
Certes, certes, je suis flattée. Je suis tombée sur une rareté. Hé hé. En plus, j'ai pris une des dernières. Comment je me débrouille trop bien.
"... C'était très à la mode il y a 40 ans, et du coup, on n'en trouve plus".
Palsangué, j'ai comme un doute, là. Car la personne qui s'exprime ainsi n'est autre que ma mère. Et d'habitude, je ne flashe pas sur les mêmes fringues qu'elle.
Je me soucie finalement assez peu de la mode. Quand la mode me plaît, je la suis (un peu). Quand ça ne me plaît pas, je ne gaspille pas mes sousous durement gagnés à m'affubler d'oripeaux qui ne m'agréent point. Mais il y a des limites. Suivre (un peu) la mode des années 60 mettrait-il en péril cet équilibre entre la nécessité de ne pas trop détonner et celle de suivre son propre goût ?
Oui, mais justement, une mode d'il y a 40 ans ça peut revenir.
Alors, suis-je une plouc absolue, ou une avant-gardiste brillante qui suis déjà le prochain retour de mode?...
Du coup, je suis retournée au magasin pour lui reprendre la même, à sa taille.
Ma maman et moi, on a la même jupe, et j'assume....
15 novembre 2007
En réponse à une pensée du 13 novembre
Une séance de shopping a été immortalisée ici.
Je réclame un droit de réponse.
Moi : Tu veux qu'on aille voir un autre magasin ou celui là te va? C'est marrant, y'a des gens, y z'ont besoin de voir tous les magasins possibles et imaginables avant de faire leur choix pour un truc. Y peuvent y passer des heures. Moi, je vois un truc qui me plaît, ben en général je prends et basta.
Elle (avec un charmant sourire) : Cela s'appelle une évaluation singulière.
Une classification analytique des méthodes de shopping. On aura tout vu.
Ca m'apprendra à faire copine avec une enseignante, tiens !
(Le pire, c'est que j'ai demandé plus d'explications)
14 novembre 2007
J'voudrais pas gréver (témoignage anonyme)
Les grèves, c'est horrible. Cela oblige à une vie de dingue. Avez-vous lu le témoignage émouvant d'Alyssa ? La malheureuse risque de se faire lyncher à chaque fois qu'elle déclare à autrui qu'elle habite à trois minutes à pied de son boulot.
Je souffre un calvaire, moi aussi.
Je dois aller au travail à pied. Vingt, voire vingt-cinq minutes de martyre : j'ai troqué mes escarpins contre des chaussures de sport qui certes, me donnent l'impression d'avoir chaussé des chaussons tout doux et me donneraient volontiers envie de prolonger la promenade, mais qui ne vont pas du tout, mais alors pas du tout, avec le reste de ma tenue. Esthétiquement parlant, c'est une véritable ordalie, disons-le haut et fort.Je suis ri-di-cule. Un scandale.
Hier soir, chez mon hôtesse, il a été décidé de commander des sushis, comme ça, arbitrairement, juste parce que j'étais là et que j'adore ça. Pour fêter ça, qu'elle a dit. Et bien vous n'allez pas me croire, mais ils étaient en retard. Au bout d'une heure, nous attendions toujours alors que la livraison devait prétendûment prendre trois quarts d'heure. C'est inadmissible.
En plus, j'ai été victime d'une tentative d'empoisonnement. Ce matin, au petit déj. Si, si. Innocemment, mon hôtesse me donne le choix entre trois variétés de confiture. Pour m'amadouer, elle me propose même de faire réchauffer un petit pain tout frais pour le tartiner. Le moment venu, je mords donc sans méfiance dans la tartine. Horreur ! Une odeur de moisissure m'envahit la bouche. Traîtresse de moississure qui s'est incrustée profondément au coeur de la confiote au lieu de rester à la surface.... c'est un complot. Voilà ce que c'est que de ne pas se renseigner sur la date de dernière utilisation du pot. J'ai donc dû me rabattre sur des céréales aux fruits rouges. Un vrai supplice.
Un point étonnant tout de même : c'en est fini, pour un temps, de mes nuits d'insomnie à être sollicitée par mes demi-clones. J'ai dormi des heures et des heures de suite, sur un convertible agrémenté d'une couette toute douce. Des heures, je vous dis !
Mes tourments ne sont pas terminés. Ce soir, mon hôtesse m'emmène faire un peu de course à pied. Vous vous rendez compte ? Après une journée de boulot ! C'est atroce.
J'espère qu'elle ne va pas déménager trop vite....
08 novembre 2007
Caprices
"Il appelle encore!
- Laisse-le, ne va pas encore le voir.
- Mais il a besoin de moi, non ?
- Peu importe. Tu as le droit de te reposer aussi. Laisse-le pleurer, va.
- A ton avis, qu'est-ce qu'il veut cette fois ? De quoi a t'il besoin ?
- L'heure, c'est l'heure. Il faut que tu lui montres qu'il y a des cadres à respecter, que tu n'es pas à sa disposition tout le temps. Ne cède pas à tous ses caprices, sinon ça ne va plus s'arrêter.
- Tu as raison. Avec lui, si je lui donne ça, il va me prendre ça.
- Voilà. Il faut que tu lui montres qu'il y a des limites et qu'il faut les respecter. Tu en fais déjà tellement pour lui.
.......
- Il appelle encore. Cette fois, je vais répondre... Allô ?........ Oui, je reviens à l'instant [ouh, la menteuse!]........Combien de cafés ? (gloups).
Et c'est ainsi que j'ai aidé Lina à préparer un nombre (presque) incalculable de cafés, en pleine pause déjeuner.
25 octobre 2007
Tentations
Quelques plis de tissu soyeux, une couleur douce et une jolie coupe... j'ai craqué. Au prix fort. Et c'est trop bon.
Ca m'a pris d'un coup.
J'avais repéré cet ensemble dans la vitrine il y a quelques jours et j'hésitais à revenir l'acheter. Le prix paraissait raisonnable. Sauf que j'avais vu l'étiquette de l'article d'à côté. Boulette.
On n'a pas idée de mettre ce genre de boutiques juste à l'endroit où je passe quand je rentre du travail et que je vais directement à l'école chercher mon louveteau. Une brèche de vie de femme au milieu du carrefour entre la vie d'esclave d'employée et la vie de mère.
Mais de toute façon, il ya un théorème qui dit que lorsqu'on repense quelques jours après à quelque chose que l'on n'a pas acheté, c'est qu'on peut retourner conclure la vente, qu'en général on ne le regrettera pas. Voilà, donc, ça va, d'abord. Under control. Là, tout de suite, on sent que c'est une fille qui a émis le théorème. Certes. Mais cela explique en tout cas que même en entendant les vrais prix ("et le haut il est à combien?...ah..."), je savais bien que je craquerais. Heureusement que ces petites folies ne m'arrivent pas trop souvent.
On va appeler ça de la boulimie de compensation. Une respiration. Mieux, un investissement. Hum, hum, comment elle dit, Lynette, déjà, pour justifier l'achat d'un tailleur aussi sublime que ruineux sur le budget destiné aux appareils dentaires de ses fils ? Quand on se fait plaisir, on est plus heureux donc on devient une personne meilleure, y compris quand il s'agit des enfants. Un truc comme ça.
"I feel like a better parent already".
18 octobre 2007
Jour de gal-air
Je m'attendais à une journée de galère... mais aujourd'hui, je n'ai pas attendu de train ni de bus en vain, je n'ai pas cherché d'hypothétique Vélib disponible, je n'ai pas marché pour aller au travail, je n'ai pas squatté chez des connaissances plus proches de mon employeur. 
Tout simplement parce qu'il y a deux jour, j'ai appris que la grève s'étendait... à la crèche où est accueillie Laura. Pas de solution de garde, pas de train... partant, pas de choix : Adieu, veaux, vaches, cochons (mais non les collègues, c'est juste une expression, je parle pas de vous là) : ce fut un repos forcé, avec à la clé une journée de travail à rattraper. J'adore. Merci, vous êtes trop fun.
Je ne vais tout de même pas me plaindre. Il fait un temps superbe, et ce n'est pas tous les jours que j'accompagne mon fils à l'école. Sans parler de cette petite sieste volée pendant que les collègues travaillent, mmh.... merci, Laura.
Il y a tout de même un truc que j'aimerais qu'on m'explique. Je suis nulle en politique, mais comment se fait-il que les Français aient mis à leur tête un président comme celui-ci et s'étonnent après qu'il mène des réformes comme celles-là ? Qu'on ne me dise pas qu'il les a pris par surprise ? Comment se fait-il que la même politique récolte 53% d'approbation en mai et 90% de mécontents en octobre ? Non mais ho, il faudrait peut-être vous mettre d'accord sur ce que vous voulez quand vous votez, non ?
11 octobre 2007
Maîtresse C.
"J'ai un cadeau pour vous dans mon bureau...!"
Hilare, il m'a tendu... une cravache. Noire.
Le lendemain, je le vois loucher vers mes jambes, haussant le sourcil, mi-complice, mi-entendu. Ah mais oui, bien sûr ! C'est parce que je porte des bottes noires, un peu hautes....
Ce collègue vient de se rendre compte que mon niveau d'études me permettait d'être appelée "Maître" et qu'il était bien plus amusant de le féminiser. Me voici donc promue "Maîtresse Cinn" (enfin, avec mon vrai prénom).
C'est sympa d'être l'objet de tous les fantasmes comme ça, mais y aurait-il, par hasard, une part de dérision dans ce petit jeu ?
Le même grand imaginatif m'avait appelée Lara Croft il y a un peu plus de trois ans. Il y a bien une raison à cela, mais saurez-vous la trouver ?.....
08 octobre 2007
La magicienne à la brosse ronde
Je hais les brushings.
Bon, en fait ce qui me pèse, c'est non pas le résultat, mais le processus. Et en particulier le contraste entre les cas où c'est un(e) coiffeur(se) qui pratique l'intervention sous mes yeux incrédules, et les cas où c'est moi qui tente la même chose.
Quand c'est la coiffeuse :
D'une main, la brosse, de l'autre le séchoir. Après avoir attaché une partie des cheveux pour dégager les mèches du dessus, elle attrape les mèches qui restent avec la brosse ronde et progresse le long des mèches par en dessous, tout en effectuant en même temps de petits mouvements rotatifs du poignet -oui, avec la même main- pour continuer à en rouler les mèches autour de la brosse. Puis elle détache une autre partie des cheveux, et recommence. Au final, la masse plate et mouillée que j'avais sur la tête se transforme en une vraie coiffure, avec du volume, une structure, une forme, de l'aérien, et tout et tout.
Est-il besoin de le préciser ? Pendant que le miracle s'est produit, elle a continué à deviser avec moi comme si de rien n'était.
D'une main, la brosse, de l'autre le séchoir à ions bidulechouette dont j'ai fait l'acquisition pour me motiver. Comme je n'ai pas de pinces à cheveux (j'avais tout jeté à la poubelle le jour où je me suis dit que je ne voudrais plus jamais avoir de cheveux très longs), je fais toute l'épaisseur des cheveux d'un coup. Je brosse tout pareil les cheveux par en dessous, mais avec infiniment moins de facilité que la pro. En particulier, les fameux petits mouvements rotatifs pendant le brossage sont un mystère impénétrable : comment faire tourner la brosse aussi vite tout en la maintenant, sans avoir un petit moteur à l'intérieur de la paume ?
J'arrête souvent avant la fin : c'est pénible de s'escrimer bras en l'air pendant si longtemps, et puis je m'ennuie un peu pendant l'opération, il faut dire.
Au final, mes cheveux sont à peu près secs et ont un peu plus de forme que si je n'avais rien fait.
Voilà pourquoi, quand j'ai les cheveux suffisamment courts, je les laisse sécher tout seuls, hiver comme été.
Cela répond-il à ta question, Natacha ?
01 octobre 2007
Comme un ouragan
Je n'ai pas l'habitude de m'emballer, mais ces deux (ou trois) là en valaient la peine. Ca a été le coup de foudre. C'est MonsieurF. qui nous a présentés, et quelques jours après, c'est avec eux que je me réveillais ; ce soir, je les ai emmenés pour un petit tour de jogging. Des organes performants, de l'humour, de l'inventivité, de la présence : J'aime beaucoup Oldelaf et Monsieur D.
Bon, après, moi c'est comme d'habitude, j'ai toujours un train ou deux de retard avec la musique, il faut le savoir. J'aime bien, le problème n'est pas là, mais je ne suis jamais au courant de ce qui sort. C'est comme ça depuis toute petite. Je devais être la seule du collège à ne pas savoir au juste qui chantait "Thriller". Je crois que je n'ai pas la patience de trier le bon grain de l'ivraie dans l'abondance des sorties (c'est un boulot à plein temps non ?), et du coup je m'abstiens à peu près totalement. Mais depuis que j'ai parlé sur ce blog d'une chanson d'il y a trente ans, je n'ai plus de complexe, d'autant plus que la sortie (officielle) du premier album de ce boys band là ne date que de deux ans.
Pour ceux qui ne connaîtraient pas, donc, il s'agit de deux (ou trois?) garçons autoproclamés spécialistes de la chanson "con", ou plus précisément "qui fait rire, taper du pied, des mains voire dans les coudes du voisin pour les moins habiles". Il faut les entendre déclarer leur flamme à "Nathalie, mon amour des JMJ",
expliquer pourquoi ils n'aiment pas la piscine à l'école ou les
tire-fesses (on sent une inspiration profondément ancrée dans le
vécu...), personifier une chanteuse en herbe de 13 ans ("chuis plus une enfant, pas encore adulte mais déjà une fâââââmme"), ou encore raconter les exploits de Raoul, le pitbull, pour
comprendre de quoi ils sont capables. On atteint des sommets
d'intelligence (mais vers le bas... encore que ?) avec des chansons
comme "rue de Nantes" ou "pas d'bras".
Merci à ceux et celles qui ont la charité de me faire écouter de la musique qu'ils aiment.
