28 août 2008
Courtisée
Quelle sensation merveilleuse, se sentir à nouveau objet de désir et de convoitise. Etre submergée par leurs coups de fil. Se préparer pour un rendez-vous, frétillante, impatiente : vont-ils me plaire ? Vais-je leur plaire?...
Ma demande de DIF pour bilan de compétences ayant été refusée, j'ai décidé de "surveiller un peu le marché", comme me l'a formulé mon interlocutrice (je vous parle d'elle dans un instant). Pour, éventuellement, quitter l'entreprise où je travaille, celle où j'ai des remarques agréables de mon chef mais où j'ai parfois l'impression de me sentir un peu à l'étroit dans mes fonctions (oui, dans mon salaire aussi, c'est vrai).
Profitant d'une après-midi où il n'y avait personne pour chatter avec moi, j'ai remis à jour mon CV sur Streumon.fr. Finalement, il y a au moins un avantage à n'avoir pas bougé depuis plusieurs années : il n'y avait qu'un chiffre à changer par ci par là (mon ancienneté). (Oui, je sais, quelque part, c'est un constat déprimant).
Environ trois heures après la manipulation (Oui Monsieur. Oui Madame. Trois heures), le téléphone sonne.
Lherbe & Pluverte a un poste à me proposer. Pourrait-on se rencontrer pour un entretien ?
Mais certes. Justement, j'ai un créneau demain. Rendez-vous est pris.
Je me présente le jour J (donc 24 heures après mon retour sur Streumon.fr), dans un état d'esprit intermédiaire entre 1) la reprise de réflexe : c'est un entretien d'embauche, des années que je n'ai plus fait ça, mais il faut se stresser un peu. S'agit de se vendre. 2) Une touche de dédramatisation : Je n'ai rien à perdre, j'ai déjà un travail où je peux rester un peu plus longtemps. Il n'y a donc pas d'enjeu, je ne peux être que gagnante. On se calme, donc. 3) Oui mais quand même, ça peut être intéressant. On se stimule. 4) Hein, quoi ? Il s'agit de quitter Chef Bien Aimé ? Mince alors, j'ai vraiment besoin de ça ? Autant en finir vite.
L'accueil est royal chez Lherbe & Pluverte.L'ambiance est feutrée et design à la fois. Un jeune homme (un stagiaire?) m'escorte jusqu'à la Salle de Réunion, me propose un café, et me souhaite courtoisement "une bonne réunion" (sic).
La Salle de Réunion est pleine de Matériel de Réunion sophistiqué. Deux immenses écrans plats. Un clavier vertical (pourquoi vertical?!). Des trucs qui ressemblent à des téléphones, mais qui ne doivent pas en être.
Des bloc-notes aux armes de Lherbe & Pluverte. Des stylos aux armes de Lherbe & Pluverte. Et, top du top, nec plus ultra du nec plus ultra : des bonbons aux armes de Lherbe & Pluverte. des bonbons! Pourquoi pas des mouchoirs en papier publicitaires ?
Dame. On soigne sa communication, ici.
Sarah arrive avec à peine 10 minutes de retard et présente de brèves excuses. (Message personnel à ma gynéco, si elle me lit : T'as vu ça ? La classe, hein? Pas comme certains qui n'ont aucun scrupule à faire poireauter systématiquement leurs patientes pendant une heure. Prends-en de la graine, vieille sorcière malpolie. Fin du message personnel).
On discute, donc. C'est le principe.
......
Mais c'est qu'il a l'air pas mal, ce job.
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Intéressant et tout.
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Purée, qu'il a l'air bien ce job.
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Ils ont une mutuelle. Et des tickets restos. Et une cafète.
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Ne t'emballe pas, ma fille. Il peut y avoir loin de la coupe aux lèvres, et de la publicité à la réalité.
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Même ma future chef a l'air bien.
......
Une salle de sport?!
Ils ont une salle de sport !!!!!!
Il me faut ce job!
......
La suite la semaine prochaine. La suite des évènements, pardon, du process, c'est que je rencontre ma future chef ("froide au premier abord, mais c'est parce qu'elle est exigeante et rigoureuse". Ça me plaît.). On verra bien.
En attendant, j'ai rallumé mon portable au sortir de l'entretien. Surprise ! Renaud, du cabinet Onveuvoue-Desbauchers, m'a laissé un message : il voudrait me rencontrer pour "faire le point sur ma carrière". Petit coquinou, va.
Objet de tous les désirs, je vous dis.
13 août 2008
NDE
Inanimé, l'oeil fixe, ils flottaient silencieusement sur l'eau trouble. Une puanteur nauséabonde, une odeur de pourriture et de décomposition. J'ai cru voir deux cadavres.
J'avais tout juste posé mon sac à l'entrée avant de vérifier l'état de santé de mes poissons rouges. Je savais que l'eau ne serait pas tout à fait pure, vous pensez, après une semaine. La voisine est venue tous les jours mais m'avait prévenue : elle n'aime pas toucher aux poissons pour nettoyer le bocal. Elle m'avait laissé un petit mot très gentil pour me dire qu'elle avait changé une partie de l'eau, mais pensait qu'il faudrait nettoyer l'aquarium entièrement. Si c'est pas un euphémisme, ça... Un seul poisson avait encore l'air de nager normalement, les deux autres flottaient comme des cadavres de noyés.
Puis j'ai vu qu'ils bougeaient. Faiblement, mais ils bougeaient. Leur bouche se dilatait et se rétractait, comme en une ultime respiration, une agonie dont je me suis demandé depuis combien de temps elle durait.
Rongée par la culpabilité, je les ai mis dans la baignoire remplie d'eau. Le plus gros des poissons n'a pas réagi, mais le plus petit s'est ranimé et s'est mis à nager.
Je l'ai cru perdu.
Il réagissait un peu quand je le touchais, mais le sinistre flottement reprenait aussitôt.
Il lui a fallu encore un bon quart d'heure pour se remettre à bouger normalement, une fois l'eau remplie.
Impressionnant. Heu, quelles séquelles, docteur ?
Heureusement que je n'ai pas fait de carrière médicale ou vétérinaire. Je ne m'en tirerais peut-être pas aussi bien à chaque fois.
11 août 2008
Portes ouvertes (ou fermées)
J'étais donc décidée à confier mes poissons pour les vacances, ou à charger quelqu'un de venir les nourrir.
La première voisine, une dame presque âgée et très gentille, n'était pas chez elle.
En face, un couple âgé. Je sonne.
Lui (derrière la porte) : "Y'a quelqu'un qui a sonné"
Remue-ménage à l'intérieur.
Lui (vers la porte) : "C'est qui ?"
Moi (d'une voix claire) : "C'est votre voisine!"
Un temps.
Lui (derrière la porte) : "J'entends rien!!"
Moi (devant la porte) : "'C'est votre voisine du troisième !!"
Remue ménage à l'intérieur.
Lui (derrière la porte, à sa femme) : "Y'a quelqu'un à la porte, mais j'entends rien à c'qui dit"
Un temps.
Je sonne à nouveau.
Lui (derrière la porte) : "C'est qui?"
Moi (devant la porte) : 'VOTRE VOISINE !!"
Lui (derrière la porte, résigné et bougon) : "J'entends rien!"
Un temps.
Rien ne se passe.
Personne n'ouvre.
J'ai décidé d'abandonner. C'est officiel, je fais peur aux petits vieux.
La voisine du rez-de-chaussée :
- m'a ouvert immédiatement,
- était jeune et souriante,
- a regretté de ne pas pouvoir prendre les poissons, parce qu'elle a un chat prédateur de poissons rouges,
- (du coup, on a parlé chats quelques minutes),
- mais a suggéré de venir les nourrir.
- a évoqué l'idée de petites boulettes de nourriture pour poissons spéciale, qu'il était un peu tard pour acheter mais qui pouvaient être consommées sur plusieurs jours sans dommage,
- bref, était adorable.
Une même cage d'escalier, deux mondes différents.
Je lui ai confié mes clés...
08 août 2008
La mission
J'ai fait quelque chose qui ne me ressemble pas. C'est amusant, cette expression : constater qu'il y a des choses qu'on a tendance à faire ou à ne pas faire, et décider (ou non) de passer outre, parce que les choses qui nous ressemblent ne sont pas forcément les meilleures.
Donc.
Je ne sais pas quel traumatisme d'enfance fait que je n'aime pas que des inconnus entrent chez moi en mon absence, mais c'est comme ça. Oui, même une simple femme de ménage.
Évidemment, c'est ridicule. Des tas de gens ont des femmes de ménage et s'en portent très bien. Il y a même des gens qui échangent leurs maisons pendant les vacances, et personne ne pique les affaires de personne, et personne ne fouille dans les affaires personnelles de personne. Des tas d'inconnus sont dignes de confiance. Oui, mais allez expliquer ça à la Cinn irrationnelle qui croit Raphaël quand il lui raconte une histoire saugrenue sur la baby-sitter.
Avant de repartir en vacances voir mes enfants (cet été, mes enfants sont chez mes parents), j'ai confié ma clé à une voisine que je connais à peine.
Pour le commun des mortels : un acte plus qu'anodin.
Pour moi : un grand saut dans l'inconnu.
Après avoir cogité longtemps, m'être dit que sans ça, mes poissons mourraient peut-être de faim, m'être dit que ce n'était sûrement pas si terrible, m'être dit qu'après tout il était temps que je fasse l'essai, que cela me ferait du bien, que c'était l'occasion de créer des liens entre voisins, qu'il ne se passerait rien de fâcheux, oui, bon, que les chances que quelque chose de fâcheux se passe était minimes, que mes poissons pourraient bien survivre une semaine sans manger (....et je vous passe le reste des cogitations), je me suis donc mise en quête d'un(e) voisin(e) complaisant(e) qui pourrait prendre mes poissons.
A suivre...
30 juillet 2008
Arroseuse
Mes pauvres petites plantes, que j'ai abandonnées en pleine canicule pendant tout un ouikende. Ne vous inquiétez pas, je suis là maintenant, je pense à vous. Tenez, j'attrape le rrros n'arrosoir (houlàlà, il vente beaucoup sur mon balcon, c'est tempête ce soir), je vais le remplir tout plein, et vous allez avoir du glouglou à boire.
Voilà, ça y est, le robinet de la baignoire remplit l'arrosoir. Le niveau monte régulièrement. De l'eau bien fraîche pour mes petites plan-plantes, avec une nappe d'écume blanche. Voilà, l'arrosoir est plein. Tiens, maintenant que le robinet s'est arrêté de gronder, y'a comme un bruit dehors?
Je rejoins le balcon, en traînant mon arrosoir.
Il y a un énorme orage.
Mes plantes sont en train de se faire copieusement inonder.
Je dois vivre dans un Tex Avery.
28 juillet 2008
Mourir pour mon boulot, d'accord...
... mais de mort lente.
L'alarme incendie s'est déclenchée intempestivement vendredi matin.
Ce qui est rigolo, c'est que personne n'a bougé. Personne n'y croyait.Tout le monde était au téléphone ou en train de plancher sur quelque chose, en tout cas tout paraissait plus urgent que d'échapper à une mort atroce par asphyxie ou brûlé vif.
Le jour où il y aura un vrai incendie, les seules survivantes seront moi et une collègue, seules à nous être dirigées vers les escaliers, sac à main à la main. Non sans hésitation, parce que ça ne tombe pas sous le sens de s'en tenir à l'idée qu'il faut laisser tomber ses urgences et filer dehors alors que tout le monde reste indifférent, serein et professionnel.
Bon, j'avais quand même sauvegardé mon travail avant. On ne sait jamais, dès fois que le serveur échapperait aux flammes.
25 juillet 2008
Envol
Il était brun, il était beau, il sentait bon le chèvre chaud. Et moi, j'étais assise entre ses cuisses. Il me demandait de le prévenir si je commençais à me sentir mal. J'étais bien, très bien même. Sauf qu'il n'y était pour rien. C'est le paysage que je regardais, doucement euphorique.
Je crois que c'est encore plus beau que ce que j'en imaginais. Oui, car c'était un rêve depuis longtemps, de "voler" ainsi sans machine n
i moteur. Surtout avec un décor aussi magnifique : des montagnes en été. Le silence, le soleil, ce vent qui nous porte. Je n'ai pas les mots pour dire cela, et une photo ou un film ne rendrait ni la majesté calme du paysage, ni le bonheur de se sentir portée au dessus de lui.
C'est à Grandbrun que je dois ce joli cadeau et ce rêve réalisé. : un baptême de parapente, en biplace. Une inscription, un petit coup de téléphérique, quinze minutes de marche (je portais juste ma sellette, et le moniteur les 23 kilos de voile. Excellente répartition.). Les voiles dépliées avec soin sur le site de "décollage". Je suis casquée, sanglée, attachée de partout, et c'est parti. Il suffit de courir quelques pas pour que la voile se gonfle, nous arrête un instant, puis se mette facilement à nous porter.Je suis assez surprise du fait qu'il convient apparemment de s'asseoir sur la sellette (je m'imaginais debout comme sous un parachute, ou allongée comme sur un deltaplane). Du coup, la petite appréhension du départ est facilement dissipée.
Près de l'arrivée, mon moniteur remarque qu'une autre voile, partie un peu avant nous, fait des cercles autour de notre lieu d'atterrissage. Sous celle là, il y a une jeune fille hollandaise et un moniteur quelque peu bravache (allez, on peut le dire franchement : c'est un gros crâneur) lui a déclaré d'office : "I am the crazy moniteur of ze school". "Le salaud!" dit-il entre ses dents. Amusé, mais touché dans son orgueil. Du coup, j'ai droit aussi à quelques cercles avant l'arrivée. Déception de mon pilote à l'arrivée : le "crazy moniteur" matamore a "gagné" puisqu'il est resté plus longtemps en l'air.
Prochaine envie : le stage d'une semaine. Il paraît qu'à partir du troisième jour, on vole tout seul.
Hmmmmmmmm.
23 juillet 2008
Reprise
Je n'ai jamais vraiment dit au revoir, je n'en avais pas l'intention d'ailleurs. Mais le temps passe si vite, et plus on attend, plus c'est difficile de reprendre.
Ce sont les premiers pas qui sont les plus difficiles. Décider qu'on y va. Ressortir tout cet attirail, qui a dormi sagement dans un placard depuis des semaines, des mois. T shirt, soutien-gorge de la mort qui tue, caleçon, chaussures, cardio. Haut les coeurs, attention les vélos, cette fois c'est la bonne.
Et puis se mettre en route. Les sensations sont là, il n'y a aucun doute, j'aime toujours ça, ouf. Mais comme c'est dur cette fois ! Au bout de dix, quinze minutes, mon souffle est court. Pourtant c'est bizarre, j'étais bien entraînée il n'y a pas si longtemps. Pourquoi je suis redevenue une serpillière sur pattes ? Quand est-ce que j'ai fait savoir à mon corps que c'était pas la peine de garder tous ces muscles inutiles, qu'on pouvait les remplacer par du tout mou ? Il est où, le coeur que j'avais quand j'ai couru la Parisienne l'an dernier, hein ?
Oui, parce que je vous l'ai pas dit, mais je vais me réinscrire. Oui, je sais, l'organisation m'avait déçue l'an dernier. Mais j'étais contente quand même, et, dans l'enthousiasme d'une course tout juste terminée, j'ai fait ma maligne au boulot en pensant tout haut que ce serait sympa si on faisait une équipe dans ma boîte. Et je vous le donne en mille : ces bougresses m'ont pris au mot et ont fait du prosélytisme pour embaucher les collègues. Résultat : pas moyen de reculer, on est tout juste dix, et si l'une d'entre nous (suivez mon regard) se dégonflait, c'est toute l'équipe qui ne peut plus être dans le classement.
Donc ce n'est plus seulement une bonne résolution de me remettre à courir pendant que les enfants sont en vacances. Il y a un objectif dans un mois et demi.
Pour le blog, il y a des analogies, sauf qu'avec un blog on ne risque jamais de faire le double du temps d'une collègue qu'on n'aime pas.
27 juin 2008
Cent cinquante lignes
Il y a des moments où je me demande si mon boulot d'élue a une si grande utilité.
L'autre jour, je me suis retrouvée seule représentante des parents d'élève au dernier conseil d'école. Logiquement, c'est moi qui aurais dû rédiger le compte-rendu (car il faut un compte rendu, pour que les autres parents d'élève soient un peu informés de ce qui s'y est passé). Mais la directrice était trrrrès pressée d'avoir le document et m'a donné le choix entre la laisser le faire ou le lui rendre dans un délai ridiculement court. Donc, je l'ai laissée faire.
Résultat : un coup de téléphone embarrassé de la directrice hier, en plein coup de feu. J'adore ça, quand je suis déjà débordée, me retrouver au téléphone avec quelqu'un qui met un quart d'heure à tourner autour du pot pour dire des choses simples : Ah oui mais alors, elle était tellement pressée de le finir, ce compte-rendu, qu'elle a fait les choses un tout petit peu à l'envers. Voyez-vous, au lieu de le soumettre à tout le monde (notamment à moi) avant de le diffuser, elle a malencontreusement oublié de me demander mon avis avant de tout photocopier.
Résultat : Raphaël a ramené de l'école une jolie chemise avec 150 compte-rendus, que j'ai autographés un par un hier soir pour qu'ils puissent être rendus ce matin.
Bizarre, d'ailleurs, le compte-rendu. Par certains aspects, on aurait cru qu'il aurait été préparé à l'avance. Du genre, il n'y avait aucune trace des remarques que j'avais pu faire pendant la réunion, ou des suggestions faites par les institutrices. Et il y avait même des choses qui n'avaient pas été dites ce soir là et qui s'y trouvaient quand même, dites donc.Mais ce n'est pas possible, bien sûr : j'ai même prêté à la directrice les notes prises pendant la réunion pour qu'elle puisse se souvenir de tout, c'est dire si elle avait tous les éléments pour écrire un machin fidèle et conforme à la réalité. C'est pas elle qui sous prétexte d'emploi du temps débordé, aurait eu l'idée, par exemple, de recopier ses notes de préparation de la réunion.
Cette fois-ci, je me suis fait mettre au pied du mur : vu le délai, j'étais obligée soit de tout parapher, soit de faire un esclandre (et retarder tout le monde) pour quelques ajouts ou omissions qui, au fond, ne changent pas la face du monde.
Ben oui, j'ai beau être une élue à haute teneur en candeur naïve de novice, il faut bien le reconnaître : si je veux vraiment que les choses soient faites au carré, il faudrait que j'y mette ma patte avec un peu plus de sérieux.
"Either lead, follow, or get out of the way"...
23 juin 2008
L'aventurier, la femme en détresse et les moutards
Les familles recomposées sont-ils un sujet à aborder chez les petits, voire les tout-petits ? Et auriez-vous cru que ça se faisait déjà en 1970 ?
La scène est celle d'une jolie dame en détresse (elle est jouée par Eva Gabor, tout de même) avec ses enfants.
C'est le matin, et les trois enfants dorment encore. L'héroïne, elle, croise le chemin du jeune premier, un baroudeur nonchalant qui commence par s'auto-congratuler d'être à la fois "unique" et libre ("je fais ce qui me convient, la Terre m'appartient, si votre route est mon but, votre chance est unique...").
Puis, le jeune premier fait des avances non dissimulées à l'héroïne : Sourire, haussement de sourcils, approche de la target d'une démarche dansante. Pendant ce temps, la demoiselle minaude un peu en rajustant sa tenue et en baissant les paupières: "Vous avez un grand talennnt!..."
Lui s'approche, enhardi par ce SdI et déclare sans ciller :
"Vos yeux... vos yeux sont comme deux saphirs brillant de mille feux. Le jour en est plus lumineux, plus radieux".
Et de s'autosatisfaire de son talent poétique : "Ca me vient tout seul. J'en ai des millions comme ça."
Dès qu'il découvre que la jeune fille a des soucis, il s'exclame avec aplomb que:
"Sortir d'affaire les jolies filles....euh, les demoiselles en détresse, c'est ma spécialité... nous allons regagner Paris sur mon tapis volant.....côte à côte.... et les étoiles nous guideront.seuls tous les deux...".
Bref, un beau parleur de première.
C'est là évidemment qu'interviennent les mouflets, qui n'avaient pas été dupe de la tendance au baratin de leur sauveur ("C'est du blabla!").
Le charmeur à la noix marque un temps de surprise : "... trois... cinq?... euh... c'est que... vous comprenez..."..
"La poésie n'est d'aucun secours en l'occurrence... vous pensiez à un tapis volant seulement pour deux...? " insinue la demoiselle en soupirant. "Je vous ai parfaitement compris".
Vous connaissez la suite : Se sentant tout morveux, ("O' Malley, tu n'es pas un chat, tu es un rat!", l'aventurier décide d'aider tout de même la petite famille. Ensuite, Duchesse et Thomas 0'Malley triomphent des méchants et Thomas devient le "papa" d'adoption des chatons.
Recomposer une famille en 1970, d'accord, mais uniquement si ce sont des chats et si il n'y a pas d'ex ni de papa au départ. C'est quand même plus simple.
(nota : Eva Gabor et Phil Harris, ci-dessus, sont les voix originales de Duchesse et de O'Malley)
