17 janvier 2008
Rapporteur !
"Cornélie m'a dit : Claryse a fait une bêtise! Alors je lui ai dit : ce n'est pas à toi de gronder ta soeur. Et j'ai puni les deux, celle qui a fait une bêtise et celle qui me l'a dit. Pas de rapporteuse chez nous."
Est-ce qu'on est les seuls, nous, les français, à avoir une allergie à la dénonciation ? J'ai l'impression que dans l'inconscient général, celui qui dénonce quelque chose s'assimile forcément à celui qui dénonçait des juifs sous Vichy.
Autrement dit, le rapporteur, c'est forcément 1) quelqu'un qui soumet lâchement un innocent à une punition abominable, et 2) un complice de l'Etat, ou du moins d'une autorité forcément injuste, arbitraire, tyrannique et oppressive.
Alors on fait quoi, quand on a été élevée comme Claryse et Cornélie, quand on voit quelques années plus tard un petit camarade battu, un autre petit camarade victime de racket? Quand on voit encore plus tard un(e) autre camarade victime de violences, un autre qui vole dans les magasins et un qui se pique en douce ? Quand on a, encore plus tard, des connaissances qui fraudent le Fisc ou qui maltraitent le Code de la Route ? Un petit voisin victime de maltraitance ? Un individu qui vous menace de mort ? Un patron-voyou qui colle un avertissement à sa salariée parce qu'elle a osé présenter un arrêt maladie de 3 jours ? Ou tout simplement si vous êtes coincé chez vous parce qu'un petit malin s'est garé devant votre sortie de parking ?
On la ferme. On a appris qu'on ne fait pas justice soi-même (on ne "gronde" pas l'autre), et qu'on ne s'en remet pas à une autorité supérieure plus forte que soi pour régler le problème.
On laisse la pauvre victime potentielle (la Mafia, par exemple) se livrer à ses affaires personnelles qui ne nous regardent pas. L'Etat est un infâme empêcheur de tourner en rond, et ceux qui le grugent sont des héros. Alors on laisse faire, c'est pas nos oignons.
.....Vive les délateurs !
05 janvier 2008
SOS à la chaîne
En lettres majuscules, sur un bout de papier pâlement coloré : "Bonjour, je suis sans abri, j'ai deux enfants. Si vous avez bon coeur, aidez-moi avec tout ce que vous pouvez s'il vous plaît. Dieu vous bénisse.Remettez le papier SVP. Un euro, deux euros ou un ticket restaurant." Ceux qui prennent les transports en commun connaissent le système : on vous pose le petit papier en face de vous sans vous regarder et on revient chercher plus tard ce que vous y avez déposé (en récupérant le papier au passage, ça va resservir). Le système est plus autiste que celui qui consiste à s'adresser à la cantonade dans le wagon, plus accessible à un non francophone aussi. Et moins fatigant.
Oui, mais c'est le deuxième en dix minutes. Avec exactement le même bout de papier, le même format et le même texte. Par exemple, ils ont tous les deux deux enfants.
Du coup, ça devient moins crédible, la mendicité industrielle.
SOS ou pêche aux poires ? ...Sûrement un peu entre les deux.
07 octobre 2007
Coming out bloguesque, attention danger !
"Si j'ai pris la décision d'arrêter c'est que les murs de ce blog ont trop d'yeux qui me connaissent et mes billets qui à l'origine étaient juste des extraits de mon journal intime ont été utilisés contre moi, qui plus est pour me porter préjudice dans le cadre de mon travail.
C'est devenu : "on va regarder en douce ce qu'elle a marqué" mais pire encore c'est devenu : "si elle a marqué ça c'est parcequ'il s'est passé ça , donc ça veut dire quelle veut faire passer tel ou tel message".
Et puis pire encore, il y a des gentilles camarades qui ayant des comptes à régler avec des personnes qu'elles détestent mais sans le montrer ont profité de mes écrits pour faire du mal à la personne en question en lui montrant ce que moi je pouvais écrire sur elle.
Une façon détournée d'en mettre plein la tronche à la personne mais de ne surtout pas passer soit même pour la méchante. Même si le fait que la personne sache ce que je pense vraiment d'elle ne me fait ni chaud ni froid, et que je suis libre de penser ce que je veux. c'est quand même super méchant pour elle. Toute vérité n'est pas bonne à entendre.
En tout cas moi ça m'aura permis de comprendre qu'il ne faut faire confiance à PERSONNE, en tout cas surtout pas se confier à des collègues de travail !"
Ainsi s'exprime Cordélia pour expliquer le pourquoi de la fermeture de son blog. Elle a même supprimé du blog l'intégralité de ses billets, hormis le dernier. C'est dire à quel point les indiscrétions de ses connaissances et collègues ont pu faire mal. No comment.
Je regrette pour ma part la disparition de ce blog, qui m'a beaucoup fait sourire (et plus) au fil de cette année.
espère simplement que Cordélia reviendra, à une autre adresse qu'elle ne communiquera pas à ses chères collègues.
Natacha , de son côté, s'est aperçue que son chef avait découvert son blog et a trouvé une manière originale de le lui faire savoir. Elle reconnaît qu'elle n'a pas dit que du bien de ses autres collègues, mais choisit de tout laisser en ligne, même si certains risquent d'en être "froissés" : "Le seul souci que peut poser la visite de ce blog par mes collègues, c'est que les articles n'ont pas été rédigés en considérant qu'ils y avaient accès. Du coup, je n'ai absolument rien fait pour les ménager ou pour présenter diplomatiquement les choses. D'un autre côté, ça leur permet de voir ce que je pense vraiment et franchement, donc tant que ça ne produit pas d'incident diplomatique, je veux bien qu'ils lisent même les archives, j'assume tout ce que j'ai dit. Si je ne le leur ai pas dit en face, c'est seulement parce que je ne sais pas dire quelque chose à quelqu'un, je ne sais encore que répondre aux questions qu'on me pose ".
Assumer tout ce que l'on écrit, quitte à froisser une partie de son entourage ? S'autocensurer pour ne heurter personne ? Ou bien choisir une liberté totale de ton, y compris sur des sujets très intimes, mais dans l'anonymat le plus total ? ....Quel équilibre délicat à trouver entre la liberté de ton que l'on peut espérer trouver dans un blog et les conséquences du coming out bloguesque, volontaire ou non...
Blogueurs, blogueuses, quelle est votre choix en la matière ?
25 septembre 2007
Les jeunes filles en fleur et les femmes en fleur fanée
Ventrebleu, je ne suis quand même pas la seule à voir ça !?
Non mais regardez les regards. Ouvrez lez yeux, bon sang ! Sentez ces gens là. Il y a des beaux, il y a des belles à tout âge. Oui, parfois derrière, et malgré des corps abîmés.
Oui, évidemment, entre 20 et 30 ans, on a une peau, et pour certains une plastique et une grâce, qu'on ne remplace plus après. C'est vrai pour les hommes et pour les femmes.Très agréables à regarder, parfois.
Mais regardez un tout petit peu plus loin que le bout de votre... heu, de votre nez, messieurs. Pourquoi vous faut-il un "beau corps" pour vous convaincre qu'une femme de plus de 30 ans peut être belle ? Pourquoi ne voyez-vous pas un tout petit peu au-delà ? Si vous préférez les vingtenaires, restez-en aux vingtenaires. Tant pis pour nous les vieilles ! Mais tant pis pour vous aussi. J'ose affirmer que vous y perdez.
Non, ce n'est pas la "beauté intérieure", je ne crois pas, pas tout à fait.
Il y a des fleurs fanées qui gardent leur parfum.
Elle a à peine la trentaine, ne ressemble en rien aux femmes des magazines, mais elle est lumineuse comme personne.
Elle a 50 ans à peine et a plus d'amoureux et plus de passion dans sa vie qu'elle n'en voudrait.
Elle avait 72 ans et je la trouvais belle, dans l'énergie et la bonté qu'elle dégageait.
Il avait dans les 80 ans et sortait (quel tombeur!) avec une jeunette de 65.
Elle avait 94 ans et je la trouvais belle, dans toute sa fragilité, sa force et sa lucidité.
Je n'ai jamais eu la beauté des vingtenaires. Et tant pis si je ne suis pas belle : j'ai bien l'intention de "rayonner" ce que je peux jusqu'à un âge avancé.
Autant de perdu pour ceux qui ne le verront pas.
21 septembre 2007
Qu'est-ce, hier ?
Que celle à qui cela n'est jamais arrivé me jette le premier steak surgelé : parfois, des petites courses se transforment en grandes.
C'est toujours pareil, à force de ne pas avoir envie de faire des expéditions de ravitaillement à l'hypermarché (même si ça reviendrait quand même moins cher).
"Tiens, au fait, je n'ai plus de jus d'orange. Je vais faire un crochet au supermarché. J'en ai pour une minute, voire deux. J'attrape mon carton de Sanguinello et hop, à la caisse. Enfin, peut-être aussi un petit paquet de yaourts. Allez, trois minutes maxi.... pour le reste, on fera de grosses courses une autre fois.....
...Ah tiens, ils font du gaspaccio en cartons, maintenant? Tiens, je vais essayer, ça ne me chargera pas beaucoup plus. Et puis je n'ai plus beaucoup de yaourts. Et quelques fruits, ça changera un peu...Oh ! Bien sûr ! La lessive, j'allais oublier la lessive ! Je n'en ai presque plus. Et tant qu'on y est..."
Et ça continue comme ça jusqu'à ce que mon panier soit plein à ras bord. L'en cas s'est transformé en crise de boulimie, le petit crochet improvisé en une randonnée.
Je débarque donc à la caisse sans grand sac à courses, ni petit chariot pliable (j'en ai un qui ne fait pas trop "mémère"). Je compte sur la généreuse provision de sacs plastiques entassés aux pieds de la caissière pour ramener mes emplettes chez moi. Tant pis, le réchauffement de la planète sera un peu ma faute.
Et je vous donne en mille ce que fait invariablement la caissière, face à un amoncellement d'achats digne d'un régiment en vadrouille, évoquant vaguement un Himalaya posé sur son tapis roulant, ou le garde-manger d'un régiment ?
Elle dit mécaniquement "bonjour".
Elle prend l'air bovin et commence à passer les premiers articles devant son lecteur. Bip. Bip.
Moi (le plus aimablement possible) : "Il va me falloir des sacs, je crois".
Elle regarde ailleurs.
Et elle pousse au bout de sa caisse...... UN sac plastique, contenance standard.
Radine !!
Il est très rapidement plein.
Moi (légèrement agacée, mais toujours aimable) : "Il va m'en falloir d'autres, s'il vous plaît".
Sans un mot, l'oeil devenu quasi végétal, la créature émet UN autre sac.
C'est en général à la troisième tentative qu'elle consent à m'en passer plusieurs à la fois. Il faut dire que d'autre clients attendent derrière moi et qu'à force d'attendre son bon vouloir, mes achats encombrent un peu le bout de sa caisse. Alors peut-être qu'elle se dit que si elle continue à m'en donner au compte-gouttes, elle va être obligée de rester après l'heure.
Vous avez remarqué ? Jamais, ou presque, une caissière ne se risquerait à vous aider à remplir vos sacs, même si elle en a le temps. Une fois enregistrées, vos courses deviennent votre propriété privée, et elle aurait l'impression d'empiéter sur votre intimité, votre vie privée, votre jardin secret. Pas touche.
Elle insistera pour que vous payiez le plus rapidement possible ("votcoddsivouplaît"). Parfois, elle patientera, l'air de pas remarquer que vous avez du mal à ouvrir ces saletés de sacs dont les bords se collent l'un contre l'autre. Parfois, elle se bornera à commencer à faire passer les articles du client suivant, et tant pis s'ils se mélangent avec les vôtres pendant que vous luttez pour fourrer vos moyens de paiement dans votre sac pour avoir les mains libres.
Oui, parfois il y a un séparateur en bois qui permet, en pivotant d'un côté ou de l'autre de la caisse, de cantonner les affaires de deux personnes différentes dans deux coins différents de la tablette. Mais JAMAIS je n'ai vu une caissière l'utiliser.
Je sais, je sais, ce n'est pas très amusant comme boulot, et pas bien payé, en plus. Je sais bien, je l'ai fait, un peu.
Mais un petit effort, peut-être ?... .En échange, promis, la prochaine fois, j'essaierai de penser à mon sac à courses écolo.
19 septembre 2007
Code de la Route urbain
Est-ce que c'est dans toutes les grandes villes ? On dirait que par chez nous, les automobilistes (surtout ceux qui ont des grosses voitures : BM, Mercédès, 4x4...) ont passé un code de la route aménagé, avec des questions de ce genre...:
- Vous approchez d'un feu lumineux qui vient de passer au rouge. Que faites-vous ?
1) je m'arrête et je repars lorsque le feu repasse au vert
2) j'accélère, on a le droit de passer si on est le deuxième ou le troisième après le passage du feu au rouge.
3) je passe, s'il n'y a presque personne ou si j'ai une plus grosse voiture.
- Vous approchez un passage piéton où une dame enceinte est en train de passer en poussant une poussette :
1) je m'arrête, la dame a priorité à partir du moment où elle a posé un orteil sur le passage piéton
2)
je m'arrête en maugréant, en freinant à la dernière minute à 50 cm du
passage piéton : il faudrait pas que les piétons se croient tout permis
non plus.
3) je passe quand même en m'arrangeant pour lui faire peur
et la faire dégager le passage plus vite. La rue, c'est pour les
voitures.
- Vous voulez vous arrêter quelque part et vous n'avez pas de place où vous garer :
1) je vais me garer un peu plus loin,
2) je me gare sur le trottoir, devant une porte cochère ou sur une place réservée aux handicapés,
3) je m'arrête au milieu de la route en allumant mes feux de détresse.
- Dans un croisement sans signalisation particulière, celui qui a priorité est :
1) celui qui vient de droite,
2) celui qui arrive le plus vite,
3) celui qui a la plus grosse voiture.
- Une voiture s'arrête complètement à un stop :
1) elle a raison, c'est la loi
2) il suffit de ralentir
3) il faut klaxonner si on est derrière
- Vous êtes pris dans un embouteillage :
1) je patiente, d'ailleurs j'ai prévu un peu d'avance sur mon temps de trajet en prévision du risque
2) je fais gronder mon moteur
3) il convient de klaxonner à tue-tête. Cela défoule et cela a la vertu magique de faire avancer les voitures.
- Vous roulez derrière un vélo :
1) je ralentis pour vérifier que
la voie est libre, je mets mon clignotant et je le double en maintenant
une distance de sécurité de 1m entre moi et le cycliste
2) je klaxonne
3) je le dépasse en passant au ras de son guidon et en me faufilant entre les voitures.
- Les limites de vitesse sont valables :
1) tout le temps,
2) uniquement en journée
3) uniquement à l'approche d'un radar (on peut réaccélérer après).
Si vous avez répondu 3) partout, vous êtes mûrs pour conduire en ville.
(Certains lecteurs reconnaîtront ce texte, mais il m'a paru d'actualité)
15 septembre 2007
Communication gestuelle piétonne
Ralphy racontait hier une mésaventure piétonne : il semble que les automobilistes rennais soient de nature extrêmement impatiente, pas très au courant du Code de la Route (on peut passer à un feu rouge) et pas très désireux de laisser traverser un piéton.
En écho à la "communication gestuelle concise" du conducteur saluée par Ralphy ("D'un geste, il lâche le volant, me faisant comprendre que c'était bon, qu'il n'allait pas me renverser, que je pouvais passer, qu'il avait compris que j'avais la priorité, traversant au feu vert sur un passage piéton très nettement balisé, qu'il ne comprenait pas que je le regarde avec un air d'incompréhension et de stupeur, et que j'avais intérêt à me dépêcher, parce que manifestement, il était pressé."), j'aimerais évoquer le pouvoir du langage gestuel du piéton. Cela fonctionne aussi pour les vélos. C'est même leur seul moyen d'arriver quelque part, il y a des stages pour ça.
Dans les deux cas, on peut avoir plein de droits sur le papier (vous savez, le gros bouquin qu'on étudie pour passer un examen devant des diapositives quand on veut apprendre à conduire, là, le Machintruc de la route), mais les automobilistes citadins ont tendance à privilégier plus simple : la loi du plus fort.
C'est là que le piéton ou le cycliste, tout en restant prudent (car il y a des vrais chauffards, ivre morts, psychopathes, toxicos, chauffeurs de taxi ou de bus), doit savoir déceler le bluff de l'automobiliste et y répondre à son tour, en ne se laissant pas toujours impressionner.
"Oui, je m'engage sur le passage piéton alors que ta voiture est en train d'approcher. Je sais que tu vas ralentir, car premièrement, j'ai priorité, deuxièmement si tu ne le fais pas, tu vas me renverser. Si tu me renverses, 1) tu vas perdre beaucoup plus de temps qu'en t'arrêtant pour me laisser passer, et 2) tu risques même d'abîmer ta voiture, ce serait dommage. Une voiture si chère. En plus, 3) je te raconte pas le malus sur ta police d'assurance et les points en moins sur ton permis si tu te fais choper. Et puis, 4) si tu vas en prison, ça risque de mettre en jeu le bon cours de ta carrière. Donc, je passe, c'est mon droit. Je n'accélère pas le pas, ça t'apprendra à essayer de m'impressionner comme ça".
Voilà ce qu'il faut réussir à communiquer d'une attitude et parfois, d'un regard.
Ca ne marche pas toujours. Mais on gagne pas mal de temps comme ça.
Les automobilistes citadins, faut les dresser.
17 août 2007
Le coeur et la cam
"Salut. Y'a personne qui fait des chaud sur msn ?"
Ainsi s'est annoncé, aux petites heures de la nuit, un nouvel arrivant sur le Minichat des Perles du Chat de Ralphy. Pour la petite histoire, ce garçon s'est impatienté et a lancé un "ouou" à la cantonnade la minute d'après. Dix minutes plus tard, la chance lui souriait : la belle Claire-Morgane répondait à son appel. En vain : le Roméo nocturne était reparti.
Roméo n'était ni le premier ni le dernier à chercher sur un chat une jeune fille (ou plutôt une femme quelle qu'elle soit) prête à partager une webcam chaude sur une simple invitation.
Son originalité, au jeune Roméo, ce qui le rend profondément humain et touchant, c'est qu'il avait renoncé au légendaire anonymat du net et qu'il avait laissé l'adresse de son skyblog en guise de signature.
Skyblog où, surprise ! Roméo explique en termes choisis à une jeune fille qu'elle est l'objet de sa tendre inclination : Je lui laisse la parole, à mi-chemin entre la pâmoison et la jalousie envers la petite veinarde : "tu peux pas svoir à quelspoint jtm tres bcp fort tes vraiment trop belle [...] respais à chouchou ses une fille qui a trop la classe [... ] tes une fille qui cartonne tous de cher tous [...] chouchou ses une femme de feu [...] j'esper que jamais personne te face du malle [...] tes comme ma grande soeur [!]" sans oublier les promesses d'avenir : "tkt pas avec moi tsras la plus heureux on fras tous ce que tu vx". Bref, un vrai héros romantique.
Oui mais... Chouchou est-elle au courant des investigations nocturnes de son amoureux transi ? Quelque chose me dit que non, et même que dans l'esprit de Roméo, Chouchou et Claire-Morgane appartiennent à des mondes différents, à des segments de vie si distincts qu'il ne portera aucun tort à Chouchou en essayant de convaincre Claire-Morgane de lui accorder un petit moment coquin.
Webcamer, est-ce tromper ?
Certes, dans une webcam chaude, l'autre n'est pas grand chose de plus qu'un objet sur lequel un jeu sexuel est projeté. Un peu comme un film X, mais en plus interactif. Rien à voir avec la jeune femme pour qui il a des sentiments.
Il n'empêche que ce jeu-là se passe avec une partenaire qui existe en réalité, avec une "femme IRL", avec un autre être humain. Le "virtuel" n'est qu'une illusion. A la différence du fantasme, la personne "virtuelle" est de chair, de sang, et de neurorécepteurs. Que cet humain-là ait dans l'affaire le rôle d'un objet ne change pas grand chose à mes yeux : il s'agit quand même d'une femme (ou d'un homme, dans l'hypothèse inverse, évidemment). Une personne mariée qui a une aventure réelle, mais sans sentiments, avec une autre personne, est infidèle, quand bien même l'autre n'a été qu'un corps pour cette personne. Pourquoi en irait-il différemment d'une personne qui a une relation sexuelle, fût-elle virtuelle, avec une autre ?
A mes yeux, un rapport virtuel est donc une infidélité.
Avec un seul avantage : l'absence quasi-totale de risque de contagion vénérienne.
Qu'en pensez-vous ?
11 août 2007
Photo dédicace
Les voleurs d'image sont partout.
Cette fois-ci, c'était dans le train. Seule du carré de quatre places assises, je rentre d'une soirée agréable en l'honneur de l'anniversaire d'une jolie lionne. Comme j'ai mon Ipod sur les oreilles, ma perception de ce qui m'entoure est un peu... assourdie, et la compréhension de ce qui m'entoure, ralentie.
C'était un groupe de cinq ou six touristes asiatiques des deux sexes. L'un d'eux, un petit monsieur, la soixantaine bien sonnée, avise la place qui est à côté de moi. Il a l'air très réjoui. J'ai l'impression étrange qu'il veut être assis à côté de moi, et pas seulement être assis. Je repousse cette impression absurde. Il s'assied.
Et là, surprise ! Une femme plus jeune du groupe pointe vers nous deux l'objectif d'un appreil photo.
Un peu gênée, je m'écarte légèrement (il me vient même furtivement à l'esprit de proposer de prendre moi-même une photo d'eux sur leur appareil). Mais l'ombre du doute parano qui a commencé à m'envahir est confirmée :
" On peut prendre une photo avec vous ?"
" Pourquoi faire ?!" est ma première réaction - interloquée et à chaud !
Mais trop tard. L'image est visiblement déjà dans la boîte.
J'aurais sûrement joué le jeu avec plaisir si on m'avait donné la raison de ce petit jeu ("vous ressemblez tellement à Bernadette Chirac/Paris Hilton, je veux faire une surprise à ma femme" ?), mais là, me mettre devant le fait accompli d'une photo où je devais figurer sans savoir pourquoi, c'était incompréhensible et donc embarrassant.
Et très incorrect aussi, non ?
Du coup, je devais avoir une tête de dix pieds de long sur la photo.
Tant pis, ce n'est pas encore aujourd'hui que je deviendrai une star en Asie.
30 juillet 2007
Richesse intérieure
Il paraît que la super ruse de sioux pour les gens qui ont de l'argent, c'est de rouler dans une voiture pas trop fastueuse pour ne pas se faire embêter. Loin du tape-à-l'oeil, tout dans l'esprit du "vivons heureux, vivons cachés".
Si c'est ça, je dois être vraiment très riche. Multimilionnaire, au moins.
Car ma pauvre Titine n'est pas près se se présenter à un concours de beauté. Cabossée de partout, multicolore, elle a aussi subi un vol d'autoradio au marteau (ou quelque chose comme ça) qui a défiguré son tableau de bord, et garde de multiples cicatrices de ses plus de 100 000 km. (si vous ne me croyez pas, demandez à Mister Ghost!). Bref, c'est la Mad-Eye Moody de l'automobile. Quiconque regarde à l'intérieur remarque facilement la présence de deux sièges auto, de quelques jouets ou dessins oubliés par ci par là, de cailloux, feuilles, et autres trésors... bref, ma voiture trahit assez facilement un caractère plutôt familial, sans chichis, et on imagine mal bijoux, pierres précieuses ou autres gadgets high-tech cachés dans des coins.
Et pourtant on a trouvé moyen de s'en prendre à elle. Quelqu'un a utilisé un levier pour écarter sa carrosserie de sa vitre avant pour ouvrir la portière... mais n'a visiblement rien pris dedans et ne l'a pas volée.
Mince alors, tant qu'à faire j'aurais aussi bien pu la laisser ouverte ?
Est-ce un clochard qui a dormi dedans (beurk! Mais pourquoi ne pas avoir choisi une voiture libre de tout siège auto?)? Une petite frappe qui voulait se faire la main sur une poubelle une petite voiture avant de passer à plus gros ? Quelqu'un qui n'a pas réussi à la démarrer ? Un mytho persuadé que cette voiture trop modeste cachait forcément un trésor quelque part ? Je ne saurai jamais.
Pauvre Titine. Comme si elle avait besoin d'une blessure de guerre de plus...