03 octobre 2008
Conversation avec un inconnu
Ce blog a déménagé et se trouve désormais à l'adresse suivante : Du Soleil au Coeur
L'article ci-dessous peut dorénavant être lu et commenté sur la page "Conversation avec un inconnu".
La catégorie "Objections" reste visible sur ce lien : http://dusoleilaucoeur.fr/categorie/objection/ et traite de divers "coups de gueule" ou protestations.
Voici l'article original :
J'ai eu il y a quelques jours une première expérience avec un inconnu.
Je ne fais pas partie des expertes en la matière, celles à qui cela arrive tous les jours comme mon amie Nath, qui s'est fait maintes fois solliciter de cette manière. Je ne fais pas non plus partie des hommes qui en deviennent les victimes et se plaignent ensuite de harcèlement sexuel.
Non, c'était la première fois qu'un inconnu m'ajoutait à sa liste de contacts. Ma toute première perle du chat, en somme.
Il s'agissait d'une adresse que je n'utilise maintenant qu'exceptionnellement, surtout s'agissant du chat (en pratique, quand j'ai besoin de me connecter à Yahoo Messenger au lieu de MSN). J'en reparle plus bas.
J'ai donc été très surprise de voir une demande de contact apparaître à l'ouverture du logiciel que je n'avais pas utilisé depuis des mois. Pour autant que je sache, d'ailleurs, cette requête pouvait être, du coup, relativement ancienne !
Donnant à l'inconnu(e) (que nous mettrons désormais au masculin pour plus de facilité) le bénéfice du doute, je l'ai ajouté à ma liste.
Un court moment plus tard, il apparaissait connecté et s'adressait ainsi à moi :
Lui : Bonsoir
Moi : Bonsoir
Lui : dites moi j ai un doute. a qui ai je l honneur ?
Là, je l'ai trouvé gonflé, mon inconnu. Lorsqu'on demande à entrer en contact avec quelqu'un, la moindre des choses est tout de même de se présenter, pas de demander à la personne qui elle est. La demande pouvait certes dater un peu, mais il aurait dû être facile à cette personne d'avoir une idée de qui j'étais, en cherchant un tout petit instant. Sauf envoi en masse de demande de contact, bien sûr.
Or, non seulement ça n'a pas été le cas, mais il n'a pas daigné donner, au cours de la conversation qui suit, le moindre commencement d'information sur lui.
Non, mais vous imaginez, vous, quelqu'un qui vous aborde dans la rue en vous demandant sans aménités : "Vous êtes qui, vous?".
Certes, ma première réaction a été moyennement amène, face à ce coup porté à mon narcissisme ce manquement à l'étiquette.
Moi : C'est plutôt moi qui pourrais vous poser la question ? Vous avez demandé à être ajouté à mes contacts.
Lui : justement je ne vous ai jamais vu connecter du coup je ne me souviens plus ou j aurais pu avoir votre msn
Moi (un peu agacée) : Je suis en effet exceptionnellement connectée ainsi. Ce n'est pas mon msn.
C'est vrai, ça, c'est pas "mon msn".
Lui : vous un monsieur ou une madamrs ca m aiderait peut etre
Fichtre, voilà que la grammaire devient franchement hasardeuse. Et puis, je vois pointer l'amorce d'un petit jeu débile de devinettes, ou de jeu du portrait : "La personne à qui je parle actuellement est-elle une madame? Vit-elle dans une ville ? Est-elle célèbre?" Aurais-je affaire à Akinator ? Ha ha, jeune homme, vous allez voir à qui vous avez affaire. Introduction d'un brin de sarcasme dans ma réponse.
Moi : Ca promet d'être amusant. Moi être une madame.
Lui : pk dites vous ca promet
Crévindiou. Il ne comprend pas le sarcasme.
J'ai vraiment affaire à un cas. Je ne relève pas la question et me contente de demander des nouvelles sur son processus de remémoration :
Moi : Alors, ça vous aide ?
Lui : non pas vraiment lol
Un lolien en plus. Il devrait être fort embarrassé de son malotruisme, et il lolle. Il commence à me plaire, celui-là.
Lui : auriez vous un blog une photo la ca m aiderait
C'est cela, oui. Il ne me connaît pas, mais il pourrait me reconnaître en photo. Mais bien sûr. Et la bloggeuse, elle emballe les cams chaudes dans du papier alu.
Je décide de tester l'hypothèse que j'ai à ce stade : je pensais que notre quidam était tombé sur mon blog, avait tenté de me contacter, récupéré mon adresse au passage, et décidé de me contacter directement par chat, au lieu de se fatiguer à écrire un mail. Aujourd'hui, je me suis rendue compte que ce n'était pas possible, puisque mon adresse n'apparaît pas dans le formulaire de contact, mais ça a donné ça :
Moi : Vous devez me connaître par mon blog alors. A qui ai-je l'honneur?
Lui (ignorant délibérément la question) : ah voila certainement la reponse. quel est l adresse de ce blog que j aille me rememorer
Là, je commence à être franchement irritée. Je lance le fond de ma pensée :
Moi : Bon, écoutez. Si vous ne vous souvenez pas avoir cherché à me joindre et que je ne sais pas qui vous êtes, je ne vois pas bien l'intérêt de poursuivre cette conversation...
Là, il avait intérêt à être convaincant dans sa réponse. Il a été juste au dessus du minimum requis, "au ras des pâquerettes", comme l'a si bien énoncé mon examinateur le jour du permis de conduire .
Lui (obstiné) : pouvez vous me donner l adresse de votre blog. si je vous ai ajoute a mes contact c est dans le but de vous poser une question en rapport
Moi (mode "bénéfice du doute, soyons simple et candide" on) : Bien, ça me paraît sensé [j'ai donné le lien]... mais vous auriez très bien pu m'écrire ?
Lui : oui tout a fait
Il ne serait pas en mode "foutage de tronche" ? J'aurais pu, mais je ne l'ai pas fait. Pourquoi? Mystère et boule de gomme. J'en rajoute une couche (bien inutile, évidemment) :
Moi : Je ne consulte pas très souvent cette boîte aux lettres mais j'aurais fini par vous lire, alors que le contact ici est plus que hasardeux.
Lui : c est clair a tout hazard voyez vous mon image de profil
Moi : Non
Lui : je me disais aussi
Il doit y avoir un truc sous cette question, mais j'avoue que ça me dépasse. Je l'aurais reconnu ? Ou bien sur le profil en question, c'est une photo de Brad Pitt et je serais censée être plus aimable ?
En tout cas, après cette ultime vérification (?), plus rien. La question existentielle qu'il brûlait de me poser en m'ajoutant à ses contacts avait dû s'envoler comme par magie.
Vu la muflerie, et sans doute aussi la fausseté et le mensonge, du personnage, il n'y a pas de regret à avoir.
Curieuse, j'ai été vérifier son IP dans la liste des visiteurs de mon blog (c'était facile. C'était vraiment le désert ce soir là, côté visites). Je n'ai pas été bien avancée : si tant est que c'est effectivement lui qui m'a rendu visite, il n'a pas consulté plus d'une page et habite dans une ville où je ne connais personne.
Là où je me pose des questions, c'est que je ne sais pas comment cette personne a obtenu mon adresse. Il s'agit de l'adresse que j'utilise pour ce blog, mais qui n'apparaît donc pas sur ces pages (je croyais le contraire en commençant la conversation). Je l'avais aussi utilisée il y a quelques années pour former un groupe de mamans qui n'a pas franchement perduré sous cette forme, mais je ne vois pas pourquoi quelqu'un l'aurait utilisée si tardivement. Si l'on en croit Gougeule, l'adresse n'est nulle part sur Internet. La dernière fois que j'ai utilisé l'adresse, c'était pour me plaindre d'un plagiat, mais je ne vois pas pourquoi ça aurait pu donner envie à quelqu'un de me parler en direct. Alors non, je ne vois pas trop. Un mailing de demandes de contact, ça peut s'imaginer (même si je n'en vois pas bien l'intérêt) mais où a t'il pêché celle-ci ?
Quelqu'un aurait une idée pour éclaircir ce mystère ?
08 septembre 2008
Je n'aime pas les gens sympa
Ce blog a déménagé et s'appelle désormais Du Soleil au Coeur.
Cet article peut désormais être lu et commenté sur la page intitulée "Je n'aime pas les gens sympa".
J'ai conservé la catégorie "Objection!" et celle consacrée aux rapports entre homme et femme en général.
Voici l'article original :
Ralphy brossait récemment le portrait d'un "type sympa :" (titre autodécerné) : un garçon qui doit se marier prochainement et dont la fiancée, enceinte, était donc "hors d'usage" (sic). Il en profitait pour passer des annonces sur son blog afin de pouvoir tout de même "se calmer" (sic) :
- une première annonce destinée à une femme hétérosexuelle, et qui ne jugerait pas les gens selon leur couleur, taille, physique, statut social, ou la taille de leur sexe. (là, si on lit un peu entre les lignes, on doit avoir le portrait de l'auteur, nan?),
- une seconde, destinée aux couples hétéros, en vue d'un plan à trois, sur le même principe.
- une troisième, destinée à deux copines, ou deux femmes seules qui ne se connaissent pas. Mais ne vous inquiétez pas, hein, on n'est pas des bêtes, on causera quand même un peu avant.
....................
Bon, je n'ai pas tout lu, peut-être que sa chérie lit son blog et est d'accord pour tout ça, il faut de tout pour faire un monde,
....mais si ce n'est pas le cas, je le trouve moyennement fréquentable, ce garçon.
C'est surtout sur un détail que je rebondis. Le "sympa".
C'est bizarre, ce terme "sympa" ("cordial; joli, agréable; qui attire la sympathie ; sympathie : penchant instinctif qui attire les personnes les unes vers les autres, ou bien accord avec le sentiment d'autrui, pouvoir que nous avons de participer aux peines et aux plaisirs les uns des autres" selon le Wiktionnaire). Quand je le dis de quelqu'un d'autre (en général précédé d'un "vraiment" ou "très" sobre, mais éloquent), ça veut dire que mon appréciation globale de la personne que je viens de rencontrer est incontestablement positive, que j'ai un aperçu de certaines qualités de la personne, que j'éprouve une estime appréciable à son égard, et le cas échéant que je souhaite vivement la connaître.
Et pourtant, je n'aime en général pas les gens "sympa". J'entends par là, les gens qui se déclarent sympa tout seuls comme des grands.
Pour se décerner le titre de sympa, nul besoin de vertus au sens classique. Nul besoin de posséder bravoure, honneur, tempérance, justice, discipline, honnêteté (je choisis exprès les plus has-been), bref, des qualités précises. C'est vraiment très commode ce mot là. Je vous explique le principe : Il vous suffit d'avoir un ou plusieurs échange(s) avec un ou plusieurs ami(s), ou connaissance(s), ou éventuellement commerçants, guichetiers ou livreurs, échanges que vous trouverez plutôt agréables. Si vous allez très loin dans la réflexion, vous en venez même à vous dire que si ça se trouve, votre (vos) interlocuteur(s) apprécient eux aussi, de leur côté, ces échanges.
Ca y est, vous avez gagné. Vous êtes un type sympa. Vous n'avez plus à vous soucier d'une quelconque cohérence entre vos actes, vous n'avez plus à avoir de doutes sur votre valeur personnelle. La vie est belle. Vous pouvez même vous lancer sur Meatix, si vous le souhaitez.
(C'est un détail, mais le garçon sympa n'a pas eu de réponses à son annonce. On peut être sympa et avoir un karma pourri.).
27 juin 2008
Cent cinquante lignes
Il y a des moments où je me demande si mon boulot d'élue a une si grande utilité.
L'autre jour, je me suis retrouvée seule représentante des parents d'élève au dernier conseil d'école. Logiquement, c'est moi qui aurais dû rédiger le compte-rendu (car il faut un compte rendu, pour que les autres parents d'élève soient un peu informés de ce qui s'y est passé). Mais la directrice était trrrrès pressée d'avoir le document et m'a donné le choix entre la laisser le faire ou le lui rendre dans un délai ridiculement court. Donc, je l'ai laissée faire.
Résultat : un coup de téléphone embarrassé de la directrice hier, en plein coup de feu. J'adore ça, quand je suis déjà débordée, me retrouver au téléphone avec quelqu'un qui met un quart d'heure à tourner autour du pot pour dire des choses simples : Ah oui mais alors, elle était tellement pressée de le finir, ce compte-rendu, qu'elle a fait les choses un tout petit peu à l'envers. Voyez-vous, au lieu de le soumettre à tout le monde (notamment à moi) avant de le diffuser, elle a malencontreusement oublié de me demander mon avis avant de tout photocopier.
Résultat : Raphaël a ramené de l'école une jolie chemise avec 150 compte-rendus, que j'ai autographés un par un hier soir pour qu'ils puissent être rendus ce matin.
Bizarre, d'ailleurs, le compte-rendu. Par certains aspects, on aurait cru qu'il aurait été préparé à l'avance. Du genre, il n'y avait aucune trace des remarques que j'avais pu faire pendant la réunion, ou des suggestions faites par les institutrices. Et il y avait même des choses qui n'avaient pas été dites ce soir là et qui s'y trouvaient quand même, dites donc.Mais ce n'est pas possible, bien sûr : j'ai même prêté à la directrice les notes prises pendant la réunion pour qu'elle puisse se souvenir de tout, c'est dire si elle avait tous les éléments pour écrire un machin fidèle et conforme à la réalité. C'est pas elle qui sous prétexte d'emploi du temps débordé, aurait eu l'idée, par exemple, de recopier ses notes de préparation de la réunion.
Cette fois-ci, je me suis fait mettre au pied du mur : vu le délai, j'étais obligée soit de tout parapher, soit de faire un esclandre (et retarder tout le monde) pour quelques ajouts ou omissions qui, au fond, ne changent pas la face du monde.
Ben oui, j'ai beau être une élue à haute teneur en candeur naïve de novice, il faut bien le reconnaître : si je veux vraiment que les choses soient faites au carré, il faudrait que j'y mette ma patte avec un peu plus de sérieux.
"Either lead, follow, or get out of the way"...
20 juin 2008
Vision d'horreur
Que serait-il advenu du spam si Internet n'avait jamais existé ?
Comment les laboratoires auraient-ils tenté d'écouler leur faux Viagra et contrefaçons de Rolex? Que se passerait-il si les spammeurs téléphoniques faisaient équipe avec les spammeurs mails?
C'est triste à dire, mais vous recevriez des douzaines d'appel par jour de ce genre là :
Dring ! Dring!
Vous décrochez. Ca raccroche.
On vient juste de vérifier que vous êtes là.
Dring ! Dring!
Vous décrochez : "Allô !"
Voix enjouée : "Allô, vous êtes Madame Tchouing ?"
Vous (soupirant) : "Cinn, enfin, bon... oui, c'est moi."
Voix au débit mécanique, mais néanmoins enjoué : "Madame Tchouing, vous avez une chance EXTRAORDINAIRE, vous avez été sélectionnée pour gagner une invitation pour vous rendre à notre institut Machin le 12 juin à 11h pour allonger votre pénis / acheter un faux sac qui ressemble à un vrai/régler tous vos problèmes d'argent/jouer dans un casino merveilleux" (rayer les mentions inutiles... à la réflexion, elles le sont toutes).
Vous (pour la centième fois de la journée) : "Merci, mais je ne suis pas intéressée".
La voix enjouée : "Et si je vous proposais, là, comme ça, d'être diplômée d'un MBA d'une université américaine prestigieuse sans avoir à ouvrir un seul bouquin?"
Vous : "Non, non, merci, vraiment."
La voix enjouée : "Alors vous avez certainement besoin du très perfectionné logiciel A-Daube Photoshop CS3, qui vous permet de peindre ce que vous voulez sur des cadres vidéos, et ce pour un prix dérisoire puisque..."
Votre ligne : "Biiiiip-biiiiiiip-biiiiiip"
Merci mon Dieu, ils se limitent au mail.
Pour l'instant.
28 avril 2008
Travaux en cours, espace à vendre?
Le mail d'accroche était très flatteur au départ. Des gens ont exprimé "un vif intérêt" pour mon site (sic!). On veut même me payer. Hourra ! Allelluia ! Je suis reconnue pour mon immense talent littéraire et pour mon oeuvre immortelle. La Pleïade, me voilà ! Ah non, c'est pas pour être éditée ? C'est pour faire quoi ? Ah... des campagnes de pub ?
Le principe est simple. A ma droite, des annonceurs qui cherchent un créneau dans le vent pour se faire entendre : "visibilité, trafic et transformation". A ma gauche, des bloggeurs réguliers, déjà bien installés, "Leaders d’opinion, experts dans leur domaine d’activité, consommateurs/utilisateurs avertis, animateurs d’une communauté autour de leur site... ils sont tous validés [par nos soins] en raison de la pertinence de leur profil et de l’intérêt de leur blog", qui disposent donc d'un espace où un public a ses habitudes et vient lire/regarder avec intérêt et disponibilité d'esprit. Un mariage parfait. Le réseau de l'un servirait le message de l'autre.
Alors j'ai réfléchi. "relayer" une campagne médiatique. Pour 5 euros (c'est le prix minimum ), offrir à un annonceur un espace publicitaire qui doit obligatoirement rester intact sans limitation de durée (Bin non, on n'a pas le droit de modifier ou de supprimer un article publié). Et surtout, perdre une partie de la liberté que j'ai à écrire, puisque mes articles devraient être approuvés avant d'être rémunérés. Un "bouche à oreille", mais sans spontanéité, un buzz orchestré, une spontanéité feinte, une rumeur artificielle, dont je serais l'actrice.
Dès que j'aurais accumulé 100 euros, je pourrai être payée "à 45 jours". Je pense qu'à ce propos, il faudrait vérifier si les annonceurs, eux, doivent payer d'avance, car si c'est le cas il y a baleine sous gravier.
Il y a un système de parrainage, où l'on est rémunéré selon les gains de ses filleuls lorsque l'on a réussi à faire inscrire une connaissance au même réseau. Je ne sais pas, ça m'a toujours mise mal à l'aise, ces systèmes là. Comme si on chosifiait une connaissance, comme si on instrumentalisait un rapport humain. Comme si le rapport que l'on a avec quelqu'un perdait de sa pureté en devenant en partie une affaire de sous. Mais oui, vous avez sûrement raison, c'est sûrement vrai, tout le monde y gagne. Bin oui, mais ça me chiffonne quand même sérieusement.
Il semblerait, qu'ils disent, que ma ligne éditoriale soit tout à fait
dans la problématique des annonceurs. J'ai demandé des précisions par
mail. Devinez de quoi on m'a parlé ? Mode et déco.
Je défie quiconque de trouver sur ce blog un seul article de déco et/ou plus de trois articles qui parleraient de vêtements.
Non, vraiment, je doute fort d'être une "experte en conso" pour quoi que ce soit qui soit vendable.
Et surtout j'ai eu cette vision. Internet ne serait plus qu'un immense espace publicitaire. Il n'y avait plus un seul contenu qui ne chercherait pas à vendre quelque chose. Non seulement on filtrerait des centaines de spams par jour. Non seulement à chaque page de surf, on aurait des pop-ups et des pops-under, sans compter ces écrans qui viennent se placer devant la page que vous voulez lire et qu'il faut fermer avant d'arriver au contenu lui-même. Mais en plus, lorsque vous auriez fermé tous les écrans parasites, lorsque vous vous sentiriez enfin un peu détendu, un peu réceptif (c'est justement ce qu'ils cherchent), vous retrouveriez dans vos blogs préférés les mêmes marques qu'on vous a déjà martelées ailleurs. Impossible de savoir si le bloggeur écrit parce qu'il a vraiment aimé, ou parce qu'il a besoin de ses 5 euros.
Un Net écoeurant, parasite, saturé.
On en est peut-être presque là, mais je n'ai pas eu envie d'y contribuer. Vraiment pas.
Et vous ?.......
21 avril 2008
Plagiat
Je me suis aperçue avec surprise que certains articles de mon blog étaient recopiés tels quels sur au moins une autre page.
C'est d'un goût exquis. Sous le mot-clé "lactation", deux de mes articles, compactés en un gros blog indigeste, sans image et sans saut de ligne, avec en décor de fond des publicités croustillantes pour des sites de jeu de hasard ou pornographiques. Bref, le Net dans ce qu'il a de plus classieux.
D'ailleurs, qui est-ce que je côtoie avec ce mot-clé ? Des articles de blog très champêtres. Granges, vaches laitières irlandaises, etc.
Il n'y a évidemment aucun lien vers mon blog.
Qu'y faire ?
Sur le conseil de Ralphy, (qui m'explique que "en fait, il utilise le contenu de blogs tiers pour créer des pages
satellites sur son site afin d'améliorer son référencement sur les
moteurs de recherche."), j'ai contacté l'hébergeur (néerlandais!) et le propriétaire du site, sans grand espoir et sans réponse jusqu'ici. J'ai aussi fait signe à Canalblog -après tout, c'est elle qui touche les recettes publicitaires des sponsors qu'elle met sur mon blog-, sans résultat non plus.
Il existe, semble t'il, un mode d'emploi pour ce genre d'activités juteuses (s'il s'agit du même type de mécanisme, ce dont je ne suis pas sûre)
Sur Canalblog, on ne peut pas (du moins avec le service gratuit que j'utilise) bloquer les flux RSS, mais seulement les limiter aux premières lignes des articles.
Et voilà pourquoi, dans votre aggrégateur de blogs préféré, vous ne pouvez plus lire mes articles en entier...
17 avril 2008
Attente floue
C'était un rendez-vous important. J'ai dû accélérer le pas pour arriver à l'heure. J'entre, me présente à sa secrétaire, m'assois...
Et elle m'a fait attendre plus de deux heures.
Oui, mais voilà, j'avais pris ce rendez-vous depuis un moment déjà, et il me fallait cette prescription pour de nouvelles lunettes.
Et puis il y a une tendance très humaine d'aller jusqu'au bout de ce que l'on a commencé, il y a même des stratégies commerciales finaudes qui se basent là-dessus (il y a un terme technique pour ça, du genre "pied dans la porte" mais il m'échappe) : on commence par vous faire miroiter quelque chose comme conséquence d'un acte simple ("Juliette, 21 ans, 95C, veut vous parler, cliquez ici pour lui répondre en direct live, peut-être même qu'elle branchera sa webcam") puis par ajouter petit à petit des obstacles (une première page où on vous demande votre e-mail, puis une seconde où on vous demande si vous voulez vous inscrire au site pour trois, six ou douze mois, sachant qu'il y a une réduction de 15% si vous signez pour un an).
C'est aussi la raison pour laquelle, si vous avez à prendre le bus et qu'il est en retard, le fait de savoir que le bus peut arriver d'un moment à l'autre et que vous avez déjà attendu 5, 10 ou 15 minutes, fait que vous continuez à attendre au lieu de vous mettre en route à pied, même pour un trajet de 15 minutes.
Bref, je suis restée. Certes, j'aurais pu partir en claquant la porte, reprendre une autre date, libérer une autre demi-journée... mais je suis restée. Attendre trois semaines de plus pour mon ordonnance, ça commençait à faire beaucoup.
Lorsque mon tour a fini par arriver, j'ai fait remarquer à l'ophtalmo, mine de rien, que l'attente avait été longue. Elle ne s'est pas excusée, et a simplement dit que de cette manière, elle ne perdait pas de temps si un patient se décommandait à la dernière minute.
Surbooking ? Passif-aggressivité ? J'ai détesté cette explication : ce n'était pas une maladresse d'organisation ponctuelle, mais un choix délibéré, partant du postulat que le temps de la praticienne est précieux et que les patients (c'est bien le terme) n'ont rien d'autre à faire de la journée que de lire des revues people dans une salle d'attente. Il vaut mieux qu'il perdent tous entre une heure et demie et deux heures et demie, que l'ophtalmologique perde un petit quart d'heure.
C'était il y a plusieurs années.
Et là, il me faut des nouvelles lunettes, puisque les miennes ont rendu l'âme, comme je l'expliquais dans le billet précédent. Cette fois-ci, j'ai choisi de voter avec mes yeux (puisqu'il ne faut pas voter avec ses pieds), et de me faire conseiller une autre crèmerie.
Je le vois la semaine prochaine. Il paraît même qu'il est beau gosse.
09 avril 2008
Les math-ernelles
Ce billet est destiné aux plus bossedesmatheux d'entre vous, si possible avec des connaissances en parapsychologie et en maths très très modernes
Imaginez que vous êtes la personne qui va décider des règles concernant les effectifs du système scolaire. Ainsi, vous devez décider :
1) quel est le nombre maximum d'élèves dans une classe : n
2) à partir de combien d'élèves par classe au total on a le droit d'ouvrir une nouvelle classe : n'
Et bien tenez-vous bien, je viens de découvrir que n' est supérieur à n.
Pour parler plus concrètement : imaginez que vous êtes une directrice d'école maternelle qui a le droit d'avoir 32 élèves par classe maxi (et c'est déjà beaucoup).
Or, si vous avez 133 élèves dans votre école, vous avez le droit d'ouvrir 5 classes. Si vous avez 132 élèves, vous n'avez le droit d'en ouvrir que quatre.
Dans le cas où vous avez 133 élèves, tout va bien. La moyenne est de 26,6 élèves par classe, et tout ce que vous aurez à faire, c'est d'utiliser cette petite marge pour décider, en fonction des effectifs, combien de classes de chaque niveau vous aurez, et si éventuellement vous vous lancez dans l'aventure des classes de double niveau.
Oui, mais si vous avez 132 élèves, vous n'avez droit qu'à quatre classes. Quatre classes de 132 élèves, ça fait 33 élèves par classe. Quatre classes de 32 élèves, ça fait... 128 enfants.
Autrement dit, soit vous acceptez d'avoir 33 élèves par classe, et vous êtes dans l'illégalité, soit vous mettez quatre enfants à la porte (après tout, l'école n'est obligatoire qu'à partir de 6 ans, les parents n'ont qu'à garder leurs gosses chez eux).
Chez nous, on a de la chance, on est au-dessus des 133 cette année encore. Mais j'avoue qu'il y a là un système de calcul qui m'échappe.
Il paraît que l'argument n°1 pour justifier ce calcul est que dans les petites classes, les enfants ne sont jamais là en même temps (épidémies de rhino-pharyngite à répétition, varicelles et autres cataclysmes parentaux, sans parler des vacances prises hors saison).
Donc l'école ne fonctionne bien que quand tout le monde n'est pas là.
C'est d'une logique imparable. Il faut adapter le fonctionnement d'une structure au risque d'absentéisme des uns et des autres.
Donc, si vous trouvez qu'un organisme public quelconque souffre d'un fort taux d'absentéisme de ses effectifs, rassurez-vous : il devrait très vite faire l'objet d'un recrutement massif.
(nota : renseignements pris, la logique de comptage bancal est exactement la même pour des élèves de lycée, donc ça sent le prétexte).
(tout ça pour dire aussi que ça me paraît ridicule. Tant qu'à faire les radins, pourquoi ne pas dire directement qu'on a le droit de mettre 33 enfants dans une classe ? Il y a là sûrement des enjeux qui me sont inconnus).
Le monde est beau.
01 avril 2008
"Barbotez-les tous"
C'est une zone de non-droit. Une jungle. Vous pouvez bousculer, malmener, arnaquer, et il y a de fortes chances que le crime reste impuni: les autorités ont depuis longtemps renoncé à démêler la plupart des affaires un peu louches. En cas de doute, elles se servent au passage et l'objet d'un litige est confisqué sans autre forme de procès.
Ça s'appelle une cour de récréation de maternelle.
Ne me demandez pas le détail, mais je pense que c'est à l'époque où j'en fréquentais une moi-même que j'ai dû décider qu'il était beaucoup plus intéressant et surtout moins dangereux de passer les récréations à jouer toute seule et à s'inventer des histoires que d'essayer de se faire des amis parmi cette bande de psychopathes.
Choix discutable s'il en est.
Je viens de (re?) découvrir, à travers une mésaventure de Raphaël, qu'y règne aussi (déjà!!) une forme de snobisme, d'effets de mode :on y convoite des objets parfaitement inutiles (du moins à leur âge), uniquement pour le plaisir de posséder.
J'ai nommé les cartes Pokémon.
Vous connaissez un seul enfant de maternelle capable de jouer aux Pokémon, vous ? Le jeu est très complexe : il y a autant de règles que de cartes différentes. Plus de 150 cartes dans la série initiale, sans compter les nombreuses séries supplémentaires : "Forces Cachées", "Légendes Oubliées", "Gardiens de Cristal" "Fantômes Holon", et j'en passe. et la pochette annonce qu'il convient aux enfants "à partir de 10 ans".
Néanmoins, Raphaël en a réclamé, et s'en est fait offrir. Par son papa, ce qui fait que je ne connais toujours pas le prix exact de ces petites cartes colorées. Selon la rumeur, il serait particulièrement démesuré par rapport à la nature et à la surface desdits bouts de carton.
Bref, Raphaël est parti à l'école avec quatre (ou six? Je n'étais pas présente au moment des faits) monstres de poche. Et en est revenu avec zéro.
"Il y a plein d'enfants qui m'en ont demandé, et maintenant, je n'en ai plus."
Et même :
"Il y avait des enfants qui m'ont dit qu'ils me donneraient d'autres cartes en échange, mais après, je me suis aperçu qu'ils ont menti".
J'ai interrogé l'animatrice du centre de loisirs, en fait parce qu'il m'était venu un doute : les cartes étaient peut-être interdites à l'école ?
"A l'école je ne sais pas. Ici, en tout cas, oui. Si je vois des enfants qui en ont, je les confisque pour les ajouter à ma propre collection, hi hi hi".
D'après elle, lorsqu'il y a des Pokémon dans les poches des enfants, c'est l'anarchie. Certains enfants ont zéro carte le matin et un joli petit tas le soir. Il y a des "donations" plus ou moins volontaires, des "prêts" qui deviennent des dons forcés. Au final, personne ne sait discerner ce qui était à qui au départ.
Je sais bien que c'est en se faisant arnaquer à 4 ans, ou en croyant se faire des amis en offrant des jouets, ou en faisant des marchés plus ou moins avantageux alors qu'on fréquente les petites écoles, qu'on prend aussi quelques leçons qui ne font pas forcément partie du programme officiel...
30 janvier 2008
Modèle de lettre d'amour
C'est un service que j'ai trouvé en ligne, sûrement en prévision de la Saint Valentin.
Il y a de tout : si vous êtes un homme, une femme, si vous êtes un(e) ex, si vous "répondez positivement" ou "négativement" à des souhaits à l'occasion de la Saint Valentin, si vous écrivez à votre mari, à votre femme, à votre amant, à votre maîtresse (si!). Congratulations à l'occasion d'une "nuit inoubliable". Lettre d'adieu en fin de vie à votre conjoint. Des lettres à des personnes éloignées géographiquement. Des lettres en anglais. En espagnol. Des lettres d'amour après une dispute ("pour crever l'abcès"). Lettre d'une petite-fille à sa grand-mère qu'elle considère comme sa mère. Et même des lettres et des discours pour informer votre conjoint que vous l'avez trompé(e) (Un petit indice : la Saint Valentin n'est pas le jour le plus opportun pour ça).
Et tout ça est préformaté comme un modèle de lettre commerciale, écrit par une autre à votre place, avec ses phrases et non les vôtres.
Non, non, ne cherchez pas, je ne vous donnerai pas l'adresse, et puis de toute manière, je ne vous dirai même pas si les plumes choisies valent le détour ou si c'est une sombre escroquerie : c'est payant, et je ne tiens pas à les sponsoriser.
Qu'est-ce qui peut donc inciter quelqu'un à utiliser ce type de service ? D'accord, tout le monde n'est pas à l'aise au clavier ou à la plume, surtout pour parler de sentiments. Mais de là à faire appel à un "prêt-à-mailer"!.. Utiliser un modèle, je comprends que ça soit utile quand on veut contester une contravention, résilier un bail ou un abonnement internet. Mais là, je ne pige pas. Il vaut mieux être
sincère que parfait dans ces cas là, non? Je ne sais pas, moi, faites un premier jet et faites appel à une âme charitable pour vous relire et corriger les fautes d'orthographe. Il y a des gens qui aiment ça, corriger la copie d'autrui. Si, si.
On peut ne pas être sûr de soi, et penser que les mots d'une autre seront plus adroits que les siens. Mais dans ce cas, si ça ne ressemble pas à votre style habituel, la supercherie ne sera t'elle pas évidente pour le ou la destinataire ? Mettez-vous à sa place. Quelqu'un qui vous envoie, par exemple, une lettre d'amour, sans prendre le temps de l'écrire lui-même, ça ne vous ferait pas hésiter entre le rire un peu apitoyé et l'agacement d'être considéré(e) comme une "affaire à traiter" ?...
Ne desespérons pas. Ce n'est pas parce qu'il y a une offre qu'il y a une demande, hein. Demandez à Souris Blonde.
