Travaux en cours

30 mai 2008

Quatre étoiles

Ce blog a déménagé et s'appelle à présent Du Soleil au Coeur.

L'article de cette page peut désormais être lu et commenté sur la page "Quatre Etoiles".

La catégorie "Mes demi-clones" parle de mes enfants et a été conservée.


Voici l'article original :


C'est bien un garçon. Vous passez un temps fou à vos fourneaux pour préparer un repas (disons, au moins vingt minutes) et il rechigne en disant qu'il n'aime pas ça. Il est allergique au mot "légumes" et se méfie de tout ce qui est vert. Il faut un chantage caractérisé des trésors de diplomatie pour lui faire essayer quelque chose de nouveau.

Et un jour, la reconnaissance arrive enfin.

C'était hier :

Raphaël (se régalant) : Tu sais, Maman ?
Moi  : Oui ?
Raphaël (doctement): Moi, je trouve que tu es une très bonne cuisinière.
Moi (souriant angéliquement, comme si je ne venais pas d'entendre la chose la plus grotesque de mon existence) : Ah bon, tu trouves ?
Raphaël (sûr de son fait) : " Il faut très bien cuisiner pour faire des pâtes au beurre aussi bonnes que ça".

Si seulement ça pouvait durer.

Si vous êtes sages, un jour, je vous donnerai la recette.

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29 mai 2008

Vous savez que vous passez trop de temps devant votre ordinateur....(*)

...quand votre fils, très fier, vous offre un superbe set de table, dessiné et colorié à l'école maternelle à l'occasion de la Fête des Mères. Et le pose sur votre bureau, devant votre clavier, pour être sûr que vous allez bel et bien l'utiliser.

J'ai honte.

(*à la manière de Florimond)

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26 mai 2008

T-t-t-t-t-thééééérapie

Ca ne se voit pas sur un blog, mais oui, on bégaye.
Enfin, Raphaël bégaye, et moi aussi, un peu, en tout cas assez pour m'être dit qu'il fallait faire quelque chose pour tenter de lui éviter ce handicap dans sa vie future.

stutterVers 2-3 ans, on a demandé son avis au médecin, qui a dit que c'était très fréquent et qu'il ne fallait pas s'inquiéter avant au moins 4 ans.

A 3-4 ans, j'ai appris que le conseil donné précédemment, c'était la vieille école. Qu'en fait, au contraire, il fallait traiter le souci le plus tôt possible.

Grâce à l'Association Parole Bégaiement, j'ai pu trouver l'adresse d'une orthophoniste formée (ils ne le sont pas tous) aux nouvelles méthodes.

L'ancienne méthode consistait essentiellement à trouver des palliatifs, des trucs pour que le bégaiement ne se voie pas. Allonger certains sons, en éviter d'autres, trouver des mots, des périphrases pour remplacer ceux qu'on ne peut pas dire. Certains bègues mettent en oeuvre d'eux-mêmes ces béquilles : j'ai appris à l'occasion que Lex avait bégayé très lourdement étant plus jeune, et que parler était encore un souci constant pour lui, alors que je ne m'étais jamais rendue compte de rien.  Autrement dit, pour ceux-là, parler reste une difficulté, un passage en force ou contournement permanent, mais ça ne s'entend pas.

La nouvelle approche consiste en quelque sorte à dédramatiser la parole, à considérer que les petits accidents de parole sont normaux et à éviter de provoquer une crispation dessus, puisque c'est la crispation qui provoque un cercle vicieux et qui provoque et aggrave le bégaiement. Au contraire, on tente de faciliter la communication, pour que la personne acquière au contraire un réflexe de détente.

Pour cela, il est important que l'entourage (donc, pour un enfant : les parents, la maîtresse, etc. ; mais vous pouvez appliquer ça aux bègues que vous connaissez) soit informé de ce qu'il faut faire et ne pas faire : exemple :

  • ne pas donner des conseils techniques (de respiration, par exemple),
  • ne pas obliger à répéter un mot ou une phrase jusqu'à ce qu'ils soient corrects ;
  • ne pas faire comme si de rien n'était, comme si c'était normal : ne pas attendre sans rien dire que la personne ait fini de parler;
  • au contraire, exprimer la présence du trouble ("tu as un peu plus de mal à parler aujourd'hui ? Je vais t'aider...")
  • ne pas laisser la personne s'enliser dans son bégaiement : suggérer des mots, ou un contexte.

Bref, c'est une approche radicalement différente... et j'avais envie d'en dire un mot pour répandre (un peu) la bonne parole.

 

pour plus d'information : un tout petit livre d'Elisabeth Vincent :" Le bégaiement, la parole désorchestrée", aux éditions Les Essentiels Milan.

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23 mai 2008

Tempête dans un verre à dents

Que faire quand on vous pique votre brosse à dents ?
Réagir ou se taire ?

Relever l'affront ou laisser courir ?

hippoRéagir,  c'était peut-être faire une montagne de pas grand-chose, et accessoirement risquer un certain ridicule. Parce que en vrai, qui n'a pas plus ou moins fortuitement échangé des gouttelettes de salive avec autrui, sans lui demander de certificat médical préalable et sans en mourir pour autant ? Certes, ce n'est pas indiqué en cas d'épidémie de tuberculose, mais enfin, je ne connais pas de cas dans mon entourage immédiat. Le principal, avec une baby-sitter (surtout une qui n'intervient qu'exceptionnellement), c'est que les enfants soient bien avec elle, pas que toutes les maniaqueries de la maîtresse de maison soient respectées à la lettre.

Oui, mais se taire, c'était encaisser une très mauvaise surprise, c'était laisser dans l'ombre quelque chose qui me mettait mal à l'aise.

Il y asdb quelques temps, je me suis aperçue par hasard que Emerence, au moment d'emmener Raphaël à l'école, récupérait au passage une autre petite fille. Oui, alors que je la payais pour s'occuper de mon fils. Cela ne m'a pas dérangée qu'elle continue (après tout, je ne pense pas que cela change grand-chose pour lui) mais ma confiance en elle a été définitivement ébranlée par le fait qu'elle n'a pas jugé utile de m'en parler. Quand on ne parle pas d'une chose importante, de combien de choses moins importantes ne parle t'on pas ? Je n'avais pas saisi l'occasion, à l'époque, de lui poser au moins la question, et je le regrette.

Alors, j'ai composé le numéro d'Honorine.

Au début, Honorine a cru qu'il y avait un problème sur la brosse que Raphaël utilisait. Elle m'a expliqué laquelle il prenait.
Quand je lui ai expliqué plus précisément mon souci, elle a ri.

En réalité, Raphaël avait légèrement déformé les faits. C'est lui-même, le traître, le charmeur, qui avait proposé ma brosse à dents à Honorine, et elle qui a mis les choses au point : non, ça ne se prête pas, oui, je me suis déjà préparée chez moi avant de venir.

Parfois, la vérité qui sort de la bouche des enfants, c'est leur vérité.

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21 mai 2008

Une nounou dents fer

FranfineHonorine, décidément, malgré l'absence, mon fils t'adore.

Cette semaine, exceptionnellement, Honorine a accepté de me dépanner un matin où j'étais en panne de nounou. Mais lorsque j'ai annoncé à Raphaël le retour d'Emerence, la déception du petit était palpable.

Lui (geignard) : "Je préfère quand c'est Honorine!"
Moi (encourageante) : "Ah ? Mais pourquoi ? Qu'est-ce qu'elle fait, Honorine?"
Lui (souriant en coin, l'air de dire que Honorine est vraiment une sacrée rigolote) : "Elle se brosse les dents avec nous!"
Moi (mal à l'aise) : Ah bon ? Et avec quelle brosse à dents?
Lui (vraiment, quelle boute en train, cette Honorine!) : "Avec ta brosse à dents!"
Moi (blanche, voulant en avoir le coeur net) "ha haha... c'est une blague, n'est-ce pas?"
Lui (un peu inquiet maintenant) : "Heu, non,c 'est pas une blague"

Berk. Berk. Berk.
On peut faire confiance à personne.

Mon sang ne fit que 98 tours... (à suivre, comme dirait Gorgonzolla)

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19 mai 2008

On ne devrait jamais apprendre à compter aux garçons

bougiroses"Et bien, tu sais, Maman, moi je sais compter jusqu'à cinquante-neuf!

C'est vrai ?... [cherchant à pousser encore plus loin les limites du savoir] : Il y a quoi après cinquante-neuf ? Tu le sais?

- Euuuh...zone30_kmh

- Tu te souviens de quel âge a Mamie
?

(Une demi-seconde d'hésitation, puis la réponse fuse) :

- TRENTE !"

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12 mai 2008

Conte mièvreilleux

(Avertissement préalable : ce billet est truffé de spoilers. Ne le lisez pas si vous avez prochainement l'intention de regarder un "conte de filles")enbleu

C'est un monde où tout le monde est beau ou belle, et où il y a beaucoup de bons sentiments, très peu de méchants et pas du tout de vieillards. Une mère et sa fille s'y ressemblent comme deux gouttes d'eau, sans un bouton d'acné de l'une, ni une ride ou une once de cellulite de l'autre. Où les animaux parlent. Où le choix d'une tenue de bal avec accessoires est un enjeu existentiel. Où tout le monde pousse la chansonnette (chorégraphie comprise) à la moindre occasion.
Il y a d'ailleurs peu de personnages masculins : à part le jeune premier, les hommes sont relégués à quelques rôles secondaires (par exemple, à la fin de l'histoire, la jeune princesse retrouve sa mère, mais se fiche comme de son premier diadème de savoir où diable peut bien être passé son père).

Je viens de découvrir (en même temps que mes demi-clones) l'histoire de Ba**ie, Princesse de l'Île Mièvreilleuse Merveilleuse.

lucianaLes demi-clones en raffolent.

Je vous raconte un peu l'histoire, mais pas tout, hein, il ne faudrait pas gâcher le suspense.


Une petite fille blonde échoue sur une île déserte après un naufrage. Par bonheur, s'est échouée avec elle sa malle avec toutes ses robes, bijoux et chaussures. Elle est élevée avec les animaux de l'île qui deviennent ses amis. Elle ne se souvient ni de qui elle est, ni d'où elle vient.
Dix ans plus tard, un jeune prince aventureux vient explorer l'île, découvre la demoiselle et décide de lui faire découvrir la civilisation. Il faut dire qu'il lui doit une fière chandelle : il a failli se faire manger par des crocodiles, mais comme elle sait parler aux animaux, il lui a suffit d'intervenir en leur disant grosso modo "Allons, allons, fini de jouer, il ne faut pas manger le monsieur, voyons" pour qu'ils tournent les talons en bougonnant.
Ils tombent amoureux l'un de l'autre, mais leur mariage est impossible : héritier du trône, le prince ne peut épouser qu'une princesse (j'en vois qui commencent à anticiper sur le dénouement. C'est très vilain.). Il doit épouser la princesse Luciana, une brune toute gentille, mais avec qui il y a une incompatibilité d'humeur flagrante puisqu'elle aime l'opéra alors qu'il préfère l'équitation.
En fait, c'est la mère de Luciana, Ariana, qui est derrière tout ça, une très méchante qui n'arrête pas de vouloir assassiner le roi, notamment en empoisonnant tout le monde le jour du mariage pour devenir calife à la place du calife reine.
Heureusement, au final, Ariana reçoit le châtiment de ses crimes, l'humiliation suprême : elle se fait... comment vous dire ? Ce sont des images un peu dures, il est vrai, mais il faut parfois savoir, avec courage et lucidité, montrer que celui qui fait le Mal voit parfois son karma se retourner contre lui tel le boomerang sur la gueule de l'aborigène maladroit. Je vous dirai donc la vérité sans détour : à la fin, Ariana se fait tacher sa robe avec la fange des cochons! C'est atroce.

Il en est des barbieseries comme des poupées B**bie : affligeant... et en même temps, j'aurais adoré avoir les mêmes quand j'étais petite. Alors comment prétendre que je n'aime pas, alors qu'au fond de moi il y a aussi une Cinn de 8 ou 10 ans d'âge mental qui ne perd pas une miette de l'histoire ?

Alors, aurez-vous le talent de deviner d'imaginer la fin de l'histoire ?

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09 mai 2008

Petite voleuse

Hier, je fus héroïque.

Le beau temps incite parfois à de coûteuses emplettes. Avec des demi-clones, c'est encore pire : on est bien obligé de passer par la case shopping quand la belle-saison arrive et que :

- on a un beau stock de vêtements jolis et en bon état, à la bonne taille, mais qui ne seront utilisables que vers l'automne prochain (quand les demi-clones auront pris cinq bons centimètres et rien n'ira plus) ;

- la crème solaire de l'an dernier est périmée (à ce qu'il paraît, ça se remplace tous les ans),

- les lunettes de soleil de l'an dernier sont restées enfouies quelque part dans un tas d'affaires chez le papa des enfants,

- et les chapeaux de soleil de l'an dernier sont devenus trop petits.

Donc achats. Et mille envies des enfants qu'il faut refuser : OOOOH oui, que c'est joli, mon chéri, ce surf Spiderman Mais vois-tu, ça ne sert à rien de l'acheter, on ne pourra pas s'en servir puisqu'on n'a pas la mer ici. hahaha. Allez, va donc le remettre à sa place. Oui, oui, magnifique aussi, ce liquide à bulles Dora l'Exploratrice.... etc, etc.

Jusqu'au
moment de passer à la caisse pour un montant d'achats à peu près égal au PIB de la Gamsakadobie : Non, ce sac à dos (encore cette Dora!), tu n'en as pas besoin, voyons !... Tu as déjà un autre sac à dos (d'ailleurs où est-il passé celui-là ? Aurait-il échoué chez le papa, encore une fois?).

Bref, une fois ruinée, et sur le chemin du retour, je remarque une certaine épaisseur derrière le dos de Laura, assise dans sa poussette. Une épaisseur verte.

... C'est à nous, ça?...

Je regarde de plus près.

Enfer et damnation. C'est le sac à dos de Dora. Tout aplati.

Sans que je m'en aperçoive, pendant que je réglais, Laura a réussi à mettre se mettre le sac sur le dos avant de remonter dans la poussette. On est sortis du magasin avec, et sans l'avoir acheté. Ca ne porte pas un nom, ça ?

On est à cent mètres de la maison.

Alors je me suis dit qu'on était presque arrivés, que le mal était fait et que tant pis, que ce n'est pas un pauvre sac à dos pour enfant qui allait mettre sur la paille ce magasins de pourritures capitalistes qui affichent les prix les plus élevés de la région et qui profitent indûment du fait que j'habite à côté et que j'ai encore assez souvent la flemme d'
Sans_titrealler plus loin.
Que des
disparitions mineures de ce genre sont sûrement prévues au budget de l'entreprise (composée d'atroces spéculateurs, rappelons-le). Que si Laura avait pris ce sac, c'est que sans conteste, ça lui faisait plaisir, -parce que c'est rare qu'elle flashe sur quelque chose à ce point-, et que ce serait cruel de le ramener au magasin maintenant qu'elle avait l'impression que le sac était à elle.
Que de toute façon, personne ne viendrait me demander des comptes, maintenant que le cap crucial de la sortie du magasin était dépassée. En plus, rappelons-le, on était quand même presque arrivés à la maison
angelet, alors hein. Au fond, je ne nuis réellement à personne, et notamment ma fille est contente. C'est pas bien, de faire le bonheur de sa fille, peut-être?...

Et puis je me suis rendue compte que c'était quand même un peu la voie de la facilité, tout ç
a.

Que garder cette babiole sans la payer, 1) c'était pas beau, 2) ça donnait un très mauvais exemple pour les enfants, insidieux mais tellement parlant.

Alors j'ai fait demi-tour.

Héroïque, je vous ai dit.

Mais pas infaillible : j'ai quand même craqué et décidé de payer l'objet.



Vous savez ce qui s'est passé au moment de repasser à la caisse ?

Au moment de scanner l'étiquette, la caissière a ouvert le sac et regardé l'intérieur.

.......Peut-être qu'elle croyait que je cachais quelque chose dedans pour l'emporter sans payer ?

Ce monde est d'un méfiant....

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03 avril 2008

Les sauveurs

indestructibleDans une situation de détresse, le premier réflexe de Laura est de rechercher un sauveur ou une sauveuse.

Exemple de situation de détresse : on essaye de la contraindre à mettre des baskets alors qu'elle préfèrerait des bottes, à mettre des après-ski alors qu'elle voulait les sandales, à aller à la crèche alors qu'elle serait volontiers restée à la maison, à mettre un pantalon alors qu'elle voulait une robe, ou bien les chaussures marron à la place des chaussures roses (trop petites, certes, mais très jolies), etc. On ne compte plus les ordalies pour une petite fille, surtout si elle a du goût en chaussures.

A qui faire appel, alors, dans une situation aussi abominable ?

Deux conditions : il faut que la personne soit 1) une personne de confiance, et 2) différente du bourreau auquel elle a présentement affaire. Il n'est pas nécessaire qu'elle soit présente (après tout, on ne sait jamais, la personne pourrait arriver puisqu'on l'appelle).

Ensuite, tout dépend des circonstances.

On peut appeler à la rescousse Papi ou Maman si Mamie vous fait des misères alors qu'on passe des vacances chez elle. Ou Mamie, si c'est Papi qui vous tourmente.

De retour de vacances, on peut pleurer après Mamie quand Maman vous emmène de force à la crèche.

superherosChez Papa, on peut appeler Maman, et vice versa.

Le postulat est limpide : si l'on fait appel au bon coeur d'une personne extérieure, il y a une petite chance qu'elle ne partage pas l'opinion de l'autre sur le calvaire qu'on vous fait endurer et qu'elle vole à votre secours. En gros, elle mise sur les divergences éducatives entre les uns et les autres.

Hier, pour la première fois, elle a eu l'idée d'appeler au secours son grand frère.

C'est vrai, c'est connu, les grands frères, c'est fait pour protéger les petites soeurs. Pour intervenir si un importun vous fait des misères dans la cour de récré. Pour régler son compte au malotru qui vous ferait "prrrrrt" en vous tirant la langue alors que tout ce que vous avez fait, pauvre innocente, c'était lui faire "flebllelblrrrt" en tirant la langue et essayé de le taper (c'est comme ça qu'on drague les grands de 3 ans, quand on a 2 ans). Ah, que de souvenirs de bravoure. Ce jour là, "Af'ël" s'est physiquement interposé entre sa petite soeur et le fâcheux, lequel n'a pas tardé à se carapater.

Revenons à nos moutons. Maman, donc, entraînait Laura vers sa chambre pour l'obliger (c'est atroce!) à se mettre en  pyjama. Alors a jailli l'appel de détresse : la main tendue d'espoir vers le sauveur potentiel, Laura s'est écriée :

"Af' eeel! Af'eeel!".

Raphaël, en apparence stoïque (mais qui était certainement la proie d'un déchirant conflit de loyauté interne) a répondu :

"J'te sauve même pas, moi".

N'est pas superhéros qui veut.

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27 mars 2008

Le Mystère de la Salle de Bains Bleue

... ou l'énigme du Doudou Passe-Murailles, si vous préférRouletabilleez.

Oui, vous avez bien lu. Jai été le témoin d'une expérience quasi-surnaturelle : la téléportation d'un doudou.

Prenez un doudou (un bout de foulard en l'occurrence) de couleur vaguement bleue, humecté d'eau à la suite d'une bêtise conçue, mise en scène et produite par Laura. Hummph.

J'ai mis le doudou en question à sécher sur un petit séchoir métallique, d'environ 60 cm de hauteur, dans la salle de bains, nonobstant le désaccord manifeste de sa propriétaire, que j'ai laissée devant la porte (fermée) de la salle d'eau, se roulant par terre en signe de dépit et de mouvement social unipersonnel.

Entendons-nous. Jusqu'à nouvel ordre, Laura ne sait, ou ne savait pas, ouvrir la porte de la salle de bain. Elle ne pouvait donc  en principe pas récupérer le bout de serpillière le précieux foulard. Et pourtant, elle s'est présentée environ deux minutes plus tard pour un petit câlin dans mes bras, avec ledit doudou, que j'ai d'abord pris pour un autre bout du même foulard bleuté (les doudous-foulard ont tendance à se déchirer en plusieurs morceaux).

Puis, un témoin de la scène m'a mis la puce à l'oreille en venant retracer spontanément l'incident dans tous ses détails sur le lieu du crime (la salle de bains) :

"Regarde ce qu'elle a fait, Laura ! Elle a commencé par allumer la lumière, et puis elle a ouvert la porte, et regarde ! Le doudou n'est plus sur le séchoir. Et il n'est même pas par terre".

Le témoin du crime était éloquent, très convaincant. Trop convaincant même.

holmesJ'ai replacé le doudou sur le séchoir, refermé la porte, et dit à Laura qu'elle pouvait aller récupérer son doudou. Elle m'a regardée, l'air impuissant, puis la poignée de la porte (toujours trop haute pour ses menottes). Puis moi. Puis la poignée de la porte. Toujours l'air de ne pas trop savoir quoi faire.

J'ai regardé Raphaël.

"Dis donc, Raphaël, ce ne serait pas toi qui as ouvert la porte à Laura?..."

Sourire en coin un peu gêné de l'intéressé.

"Mais je lui ai interdit de toucher au doudou ! Et elle m'a dit qu'elle n'allait pas y toucher, mais je crois qu'elle a menti!"

La loi universelle des enquêtes policière a encore frappé : c'est toujours la faute des autres.



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