25 septembre 2008
....la beauté des montagnes, des glaciers qui les couvrent (*) ?
"Madame Cinn, permettez-moi de vous dire que vous embellissez avec l'âge".
Dixit mon chef. Oui, le même qui avait remarqué mon nouveau chapeau l'an dernier. En plus, ça a l'air désintéressé.
Décidément, il est adorable.
En plus, à ce rythme, je devrais être carrément canon à 90 ans.
(*) Bénabar : "La coquette" in "les risques du métier"
28 août 2008
Courtisée
Quelle sensation merveilleuse, se sentir à nouveau objet de désir et de convoitise. Etre submergée par leurs coups de fil. Se préparer pour un rendez-vous, frétillante, impatiente : vont-ils me plaire ? Vais-je leur plaire?...
Ma demande de DIF pour bilan de compétences ayant été refusée, j'ai décidé de "surveiller un peu le marché", comme me l'a formulé mon interlocutrice (je vous parle d'elle dans un instant). Pour, éventuellement, quitter l'entreprise où je travaille, celle où j'ai des remarques agréables de mon chef mais où j'ai parfois l'impression de me sentir un peu à l'étroit dans mes fonctions (oui, dans mon salaire aussi, c'est vrai).
Profitant d'une après-midi où il n'y avait personne pour chatter avec moi, j'ai remis à jour mon CV sur Streumon.fr. Finalement, il y a au moins un avantage à n'avoir pas bougé depuis plusieurs années : il n'y avait qu'un chiffre à changer par ci par là (mon ancienneté). (Oui, je sais, quelque part, c'est un constat déprimant).
Environ trois heures après la manipulation (Oui Monsieur. Oui Madame. Trois heures), le téléphone sonne.
Lherbe & Pluverte a un poste à me proposer. Pourrait-on se rencontrer pour un entretien ?
Mais certes. Justement, j'ai un créneau demain. Rendez-vous est pris.
Je me présente le jour J (donc 24 heures après mon retour sur Streumon.fr), dans un état d'esprit intermédiaire entre 1) la reprise de réflexe : c'est un entretien d'embauche, des années que je n'ai plus fait ça, mais il faut se stresser un peu. S'agit de se vendre. 2) Une touche de dédramatisation : Je n'ai rien à perdre, j'ai déjà un travail où je peux rester un peu plus longtemps. Il n'y a donc pas d'enjeu, je ne peux être que gagnante. On se calme, donc. 3) Oui mais quand même, ça peut être intéressant. On se stimule. 4) Hein, quoi ? Il s'agit de quitter Chef Bien Aimé ? Mince alors, j'ai vraiment besoin de ça ? Autant en finir vite.
L'accueil est royal chez Lherbe & Pluverte.L'ambiance est feutrée et design à la fois. Un jeune homme (un stagiaire?) m'escorte jusqu'à la Salle de Réunion, me propose un café, et me souhaite courtoisement "une bonne réunion" (sic).
La Salle de Réunion est pleine de Matériel de Réunion sophistiqué. Deux immenses écrans plats. Un clavier vertical (pourquoi vertical?!). Des trucs qui ressemblent à des téléphones, mais qui ne doivent pas en être.
Des bloc-notes aux armes de Lherbe & Pluverte. Des stylos aux armes de Lherbe & Pluverte. Et, top du top, nec plus ultra du nec plus ultra : des bonbons aux armes de Lherbe & Pluverte. des bonbons! Pourquoi pas des mouchoirs en papier publicitaires ?
Dame. On soigne sa communication, ici.
Sarah arrive avec à peine 10 minutes de retard et présente de brèves excuses. (Message personnel à ma gynéco, si elle me lit : T'as vu ça ? La classe, hein? Pas comme certains qui n'ont aucun scrupule à faire poireauter systématiquement leurs patientes pendant une heure. Prends-en de la graine, vieille sorcière malpolie. Fin du message personnel).
On discute, donc. C'est le principe.
......
Mais c'est qu'il a l'air pas mal, ce job.
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Intéressant et tout.
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Purée, qu'il a l'air bien ce job.
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Ils ont une mutuelle. Et des tickets restos. Et une cafète.
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Ne t'emballe pas, ma fille. Il peut y avoir loin de la coupe aux lèvres, et de la publicité à la réalité.
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Même ma future chef a l'air bien.
......
Une salle de sport?!
Ils ont une salle de sport !!!!!!
Il me faut ce job!
......
La suite la semaine prochaine. La suite des évènements, pardon, du process, c'est que je rencontre ma future chef ("froide au premier abord, mais c'est parce qu'elle est exigeante et rigoureuse". Ça me plaît.). On verra bien.
En attendant, j'ai rallumé mon portable au sortir de l'entretien. Surprise ! Renaud, du cabinet Onveuvoue-Desbauchers, m'a laissé un message : il voudrait me rencontrer pour "faire le point sur ma carrière". Petit coquinou, va.
Objet de tous les désirs, je vous dis.
24 avril 2008
L'annonce faite à mes chefs
Ca y est, je me suis lancée. J'ai rencontré deux candidats, j'en
vois un autre ce soir. Reste à annoncer ça à mes chefs. Mais comment
procéder ?
"J'ai l'honneur de vous demander un DIF". Non, trop sec.
"Je souhaite faire un point sur mes compétences professionnelles
afin de veiller à être au top de mon efficacité dans votre grande et
brillante société" Non, trop hypocrite : de toute façon ça se verra que j'ai une
idée derrière la tête : si je veux faire un bilan de compétences, c'est
pour changer de fonctions, pas pour être encore plus au top dans les miennes. Et dans la structure où je travaille, à première vue, sauf vérification, il n'y a aucune évolution possible pour moi.
"Ha ha, bande de radins, vous allez devoir me payer une formation, ça vous apprendra à ne pas m'avoir augmentée ni formée depuis des années! Et en plus c'est la loi, vous êtes obligés, bien fait pour votre pomme!" Un peu aigri, non ?
Bref, j'ai décidé de faire un bilan de compétences. Pour l'instant, j'en suis au stade zéro : le choix d'un centre.
Ce qui est fabuleux avec ce genre de structure, c'est que ça a
beaucoup, beaucoup de classe. C'est une petite structure, mais logée
dans des locaux spécialisés, des hôtels d'entreprise. Autrement dit,
même s'il y a deux personnes qui y travaillent, on a quand même droit à
la visite au 33ème étage d'une grande tour d'affaires, aux locaux lumineux, à la décoration de fausses fleurs (mais qu'il faut examiner de très près pour se rendre compte qu'elles ne sont pas naturelles) dans des bocaux de verre, à l'accueil
d'une jolie hôtesse d'accueil qui vous offre le café.
Il y a un détail qui m'a amusée, assez significatif.
Dans les toilettes des femmes, il y a deux petites cabines de WC. Et six lavabos. Oui, oui, deux magnifiques rangées, avec des miroirs partout, un Versailles des toilettes, bien plus versé dans le genre "temple de la beauté" que du classique pipi-room. Aucune excuse pour ne pas être resplendissante à toute heure du jour, même après douze heures de négociation acharnée.
Je n'ai pas osé aller regarder chez les hommes si c'était pareil. A mon avis, non, car ils se repoudrent le nez moins souvent.
Un autre monde.
24 décembre 2007
Les yeux de Chimène
"Je ne vous l'avais jamais vu sur le portrait. Vous êtes adorable!"
Lorsqu'on partage la vie de quelqu'un depuis un peu plus de six ans, c'est toujours une bénédiction de voir que l'autre ne vous tient pas complètement pour acquis et remarque les petits efforts que l'on fait pour prendre soin de soi.
Il ne faut pas trop lui en demander non plus : c'est un garçon. Donc, il faut un changement assez radical pour avoir droit à une remarque aussi agréable. Là, c'était un
chapeau, un chapeau cloche rose. Il ne pouvait donc pas le rater. Pas sûr que ça eût réussi pareil avec un changement de la teinte de mon ombre à paupière.
Avec un changement radical de coiffure, ça marche aussi (compter une diminution de longueur d'environ 30 cm, ou un passage brutal du blond platine au noir corbeau).
En tout cas, quand on débarque au bureau moyennement enthousiaste à l'idée d'y passer la journée au lieu de rester au chaud sous la couette, rien de tel qu'un petit compliment de votre chef pour vous ensoleiller la matinée.
28 août 2007
Chatotaf
"Quand on commence à chatter au travail... c'est fini!" m'avait prévenu un ami perdu de vue depuis. Lui, non seulement il surfait et chattait à tout va depuis son travail (ce qui à l'époque, il n'y a pas si longtemps, me paraissait impensable), mais il avait convaincu ses supérieurs de réorganiser l'aménagement du bureau d'une manière bien plus ergonomique... mais qui avait surtout pour résultat, comme par hasard, que les écrans d'ordinateurs de la pièce ne faisaient plus face à la porte d'entrée. Allez savoir pourquoi.
Pour moi, les choses ont bien changé. Je ne suis pas dépendante du chat, mais vivre une journée de travail sans des "récréations" Internet m'est difficile. Je suis en partie dépendante du net (en partie seulement, car m'en passer pendant les vacances ne me gêne finalement pas tant que ça), y compris pendant mes heures de travail. Et cela, ce n'est sain pour personne, ni loyal.
Pendant très longtemps, cela n'a posé aucun problème. J'avais souvent l'impression de lambiner, de perdre un temps incroyable. Je rendais mon travail un peu penaude... pour me voir féliciter de ma rapidité !
Mais je crois que ces derniers temps, j'ai perdu trop de temps dans ces "pauses". A améliorer.
Le hic, c'est que je me rends compte que la dépendance n'est pas la seule cause de mon envie de faire autre chose que travailler. Je me retrouve comme pendant l'essentiel de ma scolarité, lorsque je passais mon temps à gribouiller de petits dessins en écoutant d'une oreille l'école/les cours : mon travail m'ennuie.
Bien sûr, il y a mes collègues (tous sympas), un supérieur direct sans lequel je pense que je ne serais pas restée tant c'est une crème, mes voisines de bureau (les plus géniales du monde), les locaux (magnifiques), le matériel (toujours récent), et même les horaires (réguliers, donc faciles à gérer pour une mère de famille)..... Oui, mais mon travail en lui-même s'est mis à m'ennuyer prodigieusement, parfois au point de me mener au bord de la répulsion. Je n'ai la plupart du temps pas besoin de me concentrer sur mon travail pour le faire correctement. Certes, parfois c'est plus intéressant : il y a des recherches à faire, des trucs à bidouiller, à expliquer, à résoudre. Un petit compte-rendu à faire. Quasiment toutes des choses qui ne font même pas à proprement parler partie de l'objet de mon contrat de travail. Mais l'essentiel de mes tâches m'endort intellectuellement.
Est-ce pour cela que je supporte de moins en moins mes autres conditions de travail ? Je suis dans l'impossibilité matérielle d'organiser mon travail, je peux avoir à jongler entre plusieurs tâches sur un coup de sifflet en fonction des urgences (mais ce n'est pas moi qui en décide), quitter un travail sur un appel pour préparer un café ou régler un point de bureautique. Les formations ou évolutions qui miroitent, mais qui n'aboutissent jamais sur rien. Le travail donné comme à une machine, sans l'arrière-plan qui me permettrait de le comprendre. Etre flexible est une chose, être un jouet, une autre.
Reste à savoir comment m'extraire de là.
