01 février 2008
Un séparable
Vous les connaissez, ces couples qui paraissent indissolubles. Ils ont cette gémellité qui fait qu'on peut à peine les imaginer l'un sans l'autre. Et puis, un jour, c'est le drame. L'un des deux (et nul ne saurait prédire lequel) disparaît sans avertissement ni explication. Rien ne laisserait présager, à les voir mener leur bonhomme de chemin côté à côte, que l'un des deux s'ennuie et va vous quitter, pour ne plus jamais donner de nouvelles.
Le plus injuste, c'est votre réaction instantanée de rejet. Vous passez immédiatement à autre chose. Vous
cessez du jour au lendemain toute sortie accompagnée de celle qui reste.
En général, on ne s'en rend pas compte tout de suite. Et puis c'est la remarque assassine :
"T'as qu'une boucle d'oreille?".
Je n'ose jamais jeter l'autre. Une seule pierre de lune sertie d'argent. Une seule petite rose. Car évidemment, ce sont toujours celles qu'on préfère qui se perdent, pas celles que l'on ne porte jamais. Et tant d'autres. Pourtant, je ne les mets plus jamais. Seul l'espoir insensé d'en retrouver une similaire, ou le projet (jamais encore réalisé) de faire monter l'autre en collier, pourrait expliquer cette manie.
Et vous (je parle essentiellement aux filles), que faites-vous de vos boucles d'oreilles esseulées ?
02 janvier 2008
Rescapé
Mais qu'est-ce qui m'a pris. Voilà ce que c'est que d'avoir un sentimentalisme hypertrophié. On ouvre sa porte, on laisse s'incruster, et après on le regrette.
J'aurais dû le virer. N'importe qui à ma place l'aurait viré, direct. C'était un beau geste de le garder, un geste qui vient du coeur, mais après on le regrette. Qu'est-ce que je vais en faire ? Pourvu qu'il crève.
Ce n'aurait pas été le premier de son espèce à finir dehors, dans le froid, à agoniser sur un tas d'autres congénères plus ou moins jaunis et desséchés.
Oui mais voilà, cette année, c'est Raphaël qui a choisi le sapin de Noël. Il a choisi un Nordman assez grand (enfin, à mon goût), et surtout avec des racines. C'est à dire que le sapin est non pas coupé mais livré dans un petit pot, avec de la terre, et normalement des bouts de racine, encore que je vois mal comment un arbre peut survivre en ne pouvant étendre de racines que dans quelques litres de terre. Peut-être que ça sert juste à ce qu'il ne sèche pas trop vite ?
J'avais même acheté un sac à sapin, preuve de mon intention initiale de ne pas le conserver éternellement. Mais jeter à la poubelle un sapin encore vivant m'a fait l'effet d'un petit meurtre lâche. Petit, parce que des tas de plantes meurent tous les jours pour notre bon plaisir (c'est même peut-être un peu pour ça qu'elles sont sur Terre. Au tout début de la Genèse, Dieu donne bien à Adam toutes les plantes à graine et tous les arbres à fruit pour qu'il s'en nourrisse, hein... mais c'est une autre histoire) Lâche, parce que la victime ne se défend pas.
Alors une fois Noël terminé, une fois les décorations retirées, je lui ai donné sa chance. J'ai pris le plus gros pot à fleurs en ma possession et j'ai rempoté mon sapin sur mon petit balcon. Déjà, il est à l'étroit, c'est évident. Mon balcon est beaucoup moins large qu'un petit sapin de Noël. Mais il a un peu de terre et un peu de lumière. D'ailleurs, il fait aussi plus sombre chez moi, du coup.
Crotte de bique. Et s'il ne crève pas, je fais quoi ??....
Il y a des gens qui prêtent plus attention aux bêtes qu'aux gens. Moi, ça s'étend aux plantes.
24 novembre 2007
Extimité ?
Ecrire pour les autres et écrire pour soi, ce n'est pas du tout la même chose.
A l'origine de la différence, le fait que quand vous vous écrivez à vous-même, le but n'est pas de transmettre quelque chose à quelqu'un puisque par hypothèse, vous êtes déjà au courant.
Quand vous écrivez à vous-même, l'objectif n'est pas le résultat mais le processus en lui-même.
Déjà, vous gagnez du temps. Si vous décidez de parler d'un évènement ou d'une personne, vous n'aurez pas à faire de parenthèse d'explication pour les situer. Vous pouvez aller droit au but.
Vous n'avez pas à craindre de jugement ni d'incompréhension : sauf schizophrénie, vous vous adressez plutôt à un allié.
Heureusement, car vous vous adressez aussi à quelqu'un à qui vous ne pouvez pas mentir très longtemps. Si j'écris noir sur blanc un mensonge que je me fais à moi-même, une sorte de petite sirène d'alarme intérieure retentit. Si vous avez un doute sur votre réelle intention à faire quelque chose, vos sentiments réels à l'endroit d'une personne ou d'une chose, il suffit de vous poser la question par écrit. En général, la réponse est rapide.
Tout cela fait du journal intime un outil très puissant. Cela permet d'avancer sur des pensées et réflexions que vous exprimez au lieu de les faire tourner sur elles-mêmes en boucle dans votre crâne. Ecrire une pensée permet souvent de passer à la suivante. De prendre de la distance sur des émotions passagères. De passer une colère. Cela permet d'exprimer en toute liberté des opinions et voix contradictoires qui co-existent en vous, et souvent d'arriver à ce qu'elles se mettent plus ou moins d'accord. Et aussi de réveiller des parties de vous qui n'ont pas l'habitude de s'exprimer et qui vous aident à vous soutenir.
Lorsque vous vous exprimez, même anonymement, même sur des sujets très intimes, à d'autres personnes, il est difficile de perdre de vue la manière dont vos paroles vont être perçues. Quelle que soit la motivation (par exemple confronter des expériences personnelles et intimes aux impressions des autres, ce qui n'est pas toujours faisable par ailleurs), la manière de communiquer reste très importante et le risque de ne pas être compris par une grande partie de votre "public", non négligeable.
Voilà pourquoi j'aime continuer à écrire pour moi, au moins à l'occasion, même avec un blog en cours.
04 septembre 2007
Rognures de temps
Mais qu'est-ce que je fais là ? Pourquoi j'escarpine, pourquoi mes talons cliquètent sur le bitume, pourquoi je m'oblige à guetter mon équilibre à chaque pas, pourquoi mes oreilles guettent le grondement imminent du train ? Pourquoi le type qui promène son chien me regarde comme une bête curieuse ? Pourquoi je crains vaguement pour les petits bouts de caoutchouc qui protègent mes bouts de talons (vais-je encore enrichir mon cordonnier? Les filles qui me lisent, vous savez de quoi je parle !). Pourquoi cela arrive si souvent?
Parce que les puéricultrices de la crèche ont trois minutes de retard pour ouvrir boutique, et qu'elles ne répondent pas tout de suite à l'interphone. Feignasses !
Parce que je rate d'un poil un feu vert, et que le feu rouge qui suit est le plus long de mon trajet.
Parce que j'atterris derrière un camion poubelle. Ou un type qui cherche à se garer et qui roule donc au ralenti. Détour autour du pâté de maisons. Etc.
Parce que tous ces choses et ces gens, tout normaux qu'ils sont, ont grignoté, petit à petit, le peu de marge que j'ai pour rejoindre mon train... et que je n'aime pas être en retard. Oui, ma raison le sait, ce ne sera pas la fin du monde si c'est le cas mais ça ne fait rien.
Deux pâtés de maison et demi, presque trois.
Logiquement, je vais le rater. Peut-être d'un poil, et ce sera d'autant plus frustrant. Je pourrais lâcher prise, l'enjeu est si minime. Alors pourquoi je cours ?
Parce que ça ne coûte rien d'essayer quand même, tout simplement.
Et aussi, parce que rien ne vaut ce train qui, finalement, arrive juste en même temps que moi sur le quai, et que je prends malgré tout. Fière comme tout.
25 juillet 2007
Emesène vous dévoile votre avenir !
Attention, ce blog a changé d'adresse et s'appelle désormais du Soleil au Coeur.
Cet article peut désormais être lu et commenté sur la page "Emesène vous dévoile votre avenir!".
Je vous souhaite une bonne lecture de l'article original ci-dessous !
Je suis pas superstitieuse, mais... je me tire très régulièrement le tarot du jour là.
C'est un tirage gratuit de trois cartes de tarot virtuelles censé vous donner une idée de votre journée à venir, dans les domaines professionnel et amoureux.
Avantage n°1 : contrairement à un horoscope, vous n'avez pas le même que le voisin. 22 cartes différentes, si je ne m'abuse, ça fait des milliers de combinaisons possibles.
Ce qui est singulier, c'est que ça marche.
Enfin, que ça se confirme souvent. A l'approche d'une rupture, il y a quelques temps je voyais se multiplier les tirages me disant qu'il fallait "laisser cette personne poursuivre son chemin" et autres tirages de "carte sans nom" (la mort) dans le domaine amoureux. Puis, quelques mois plus tard,
ça a donné : "C'est le bonheur assuré dans votre vie sentimentale aujourd'hui, Cinn
! Le couple royal Empereur-Impératrice vous protège et vous confère une
aura de séduction rassurante et stabilisatrice.[waouh!] En couple, vous
connaissez des échanges merveilleux avec l'être aimé. Célibataire, vous
disposez d'assez de charme pour vous rapprocher de celui ou de celle
qui vous attire et pour l'attirer dans vos filets". Et ça s'est révélé vrai (du moins ce jour là. Je sais, je sais... c'est pathétique).
Un autre jour, un rendez-vous a dû être chamboulé pour cause de défection de Lex, après le tirage amoureux suivant : "Aujourd'hui, il y a un conflit entre ce que vous recherchez au plus
profond de vous et ce qui vous est finalement proposé de vivre... Que
vous aspiriez à plus de tranquillité ou à plus de dynamisme dans vos
échanges, c'est toujours le contraire qui se produit ! Méfiez-vous de
l'influence perturbatrice du Mat, Cinn... Si vous avez rêvé d'un
dîner en tête-à-tête ce soir, vous pourriez bien voir débarquer les
voisins !".
Une autre fois, deux tirages successifs identiques, deux jours de suite, m'annonçaient un feu de paille qui s'est bien entendu révélé comme tel.
Bon, évidemment, ça ne marche pas à chaque fois, c'est ça qui fait son charme (comme les horoscopes... on ne repère que ce qui se révèle vrai, forcément!). Mais je dirais que ça colle très bien à la réalité, environ une fois sur deux, ce qui m'intrigue beaucoup s'agissant d'un tirage purement numérique, purement aléatoire en théorie.
Indolente, de feu le blog "derrière ton dos", avait fait la même observation.
Y aurait t'il des esprits geeks qui interviennent sur le hasard virtuel ??
19 juillet 2007
Ce qu'on perd
Lors d'une récente conversation, des bloggeurs m'exprimaient leur impression qu'à 25 ans, on avait déjà beaucoup perdu d'occasions et de chances, et notamment l' "excuse de l'innocence". Amertume de leur part.
Moi, il me semble que cette perte est somme toute assez minime par rapport à tout ce que l'on garde encore longtemps et aussi tout ce que l'on perd par la suite.
Car on est amené à tout perdre au fil du temps (à moins de mourir jeune et de tout perdre d'un coup). La peau de bébé, le visage de jeunot ou de jeunette, les performances physiques, les performances intellectuelles (enfin, une partie), la prestance, la libido (du moins en partie), le silence des organes (qui se mettent les uns après les autres à manifester des signes de lassitude), puis parfois nos sens, un par un, ne sont plus aiguisés qu'autrefois, ou deviennent inutilisables. Et puis enfin les années qui nous restent, une à une.
Déprimant ? Mais non !!!
Tout l'intérêt de la chose consiste non pas à s'en désoler (par avance ou a posteriori) mais à se réjouir, et à profiter au mieux de ce qui nous reste, le plus longtemps possible. De continuer à avoir des projets, des plaisirs, des buts, des envies, avec les cartes qui nous sont distribuées, retirées, restituées, données en surplus.
Pour ce qui est de "l'excuse de l'innocence"... n'apprend t'on pas, et ne fait t'on pas d'erreurs à tout âge ? Je la réclame, moi, l'excuse de... l'apprentissage.
03 juillet 2007
Noirs dessins
Les plus observateurs d'entre vous auront remarqué que j'ai dernièrement entrepris d'illustrer certains billets par des dessins issus de moments de maltraitance de ma palette graphique.
Je tiens à rassurer les esprits chagrins : Je n'ai aucune prétention artistique, encore moins au réalisme. J'essaye juste d'exprimer quelque chose, d'où le recours à l'exagération ou à des symboles étranges à première vue.
J'aimerais savoir dessiner beaucoup mieux que ça !!
Après une longue discussion avec moi-même -moi-même se révélant assez dubitative au sujet de mon indéniable génie et quant à la capacité de mes lecteurs à saisir la subtilité de mon expressionnisme-, j'ai néanmoins décidé de continuer. Ne serait-ce que parce que ça fait un peu plus de couleurs sur la page, et pour d'autres raisons aussi.
Je suggère avec insistance à ceux qui n'aiment pas ou qui seraient tentés de me demander dans quel sens il faut regarder le gribouillage pour y comprendre quelque chose :
- de se dire que c'est en décinnant qu'on devient décinneron,
- de ne pas regarder de trop près et de reprendre leur lecture,
- en désespoir de cause, d'essayer de se persuader que je ne suis qu'une fada qui met en ligne les dessins que son fils lui ramène de l'école maternelle.
On est d'accord ?
19 avril 2007
Marchez, marchez...
J'aime bien "La Marseillaise"... version intégrale.
Enfin, la version officielle à sept couplets, la version originelle en comptait 14 et un des couplets "des enfants" a été supprimé. Si je compte bien, seuls subsistent 7 couplets sur 16.
Elle est très bien écrite, la Marseillaise. Musique et mots. Alors que le contenu (chant de guerre un peu pompeux, un peu outré, mais aussi violent, limite xénophobe) ne me ressemble pas du tout.
Elle est pleine d'exclamations, d'images, de testostérone, d'insultes même (mais des insultes chic : Despotes sanguinaires. Complices de [François Claude de] Bouillé. Mercenaires. Tyrans. Perfides. Parricides.). Bref, un chant de colère, écrit dans un contexte très violent. Et qui bouge, donc. Taratataaam !
Reste que : "[...] Liberté, liberté chérie / Combats avec tes défenseurs / Sous nos drapeaux, que la victoire / accoure à tes mâles accents / Que tes ennemis expirants / soient ton triomphe et notre gloire", c'est bien tourné, non?
Par comparaison, je n'y peux rien mais les versions du type "aux rêves citoyens" me semblent assez creuses et plates. Même si, sur le fond, elles sont nettement plus adaptées à un contexte de paix.
Evidemment, le couplet des enfants et le passage qui commence par "S'ils tombent, nos jeunes héros, la terre en produit de nouveaux...", je suis déjà beaucoup, mais alors beaucoup moins fan. Je reste une mère.
Je crois avoir lu quelque part que Rouget de Lisle aurait écrit avec une dose de second degré et de dérision... canular ? ... Allez savoir?!
