18 juillet 2007
Berceuse à risque
Si je vous disais que j'ai déjà parlé de Dieu à mon fils ?
Bien involontairement...
Flashback : C'était il y a plus d'un an, j'essuyais une séance de berceuses à haut risque !
Je n'ai rien vu venir. On avait commencé sans péril, avec des questions
sur la chanson précédente. Je ne sais pas si vous connaissez le titre,
ça raconte les aventures de Boris et Natacha dans leur troïka qui
traversent la forêt blanche d'Ukraine...
J'ai eu droit à deux ou trois "C'est quoi Natacha?" et "C'est quoi un renard bleu?".. enfin bref, rien d'insurmontable.
La suite fut plus délicate.
Tout ça ne serait jamais arrivé si je n'avais pas eu la sotte idée de chanter du Brassens... et de choisir en plus les chansons selon leur mélodie et non selon leurs paroles !!! Mais, Monsieur le Président, quand j'ai commencé je n'ai pas vu le danger : il ne comprenait rien !...
Premier aveu : Une des chansons favorites du moment pour Raphaël était "Le fossoyeur". Pour ma défense, c'est une chanson assez drôle malgré son titre et que je trouve en plus touchante... -si, si !-. Et puis... le critère de choix, encore une fois, était la mélodie. Très douce.
Raphaël n'a à l'époque pas eu l'idée de demander ce qu'était un fossoyeur, ni un mort... mais ce soir il a buté sur : "... Si du fond de la Terre on voit le Bon Dieu"...
ça n'a pas raté, je vous le donne en mille !!!
"C'est quoi le Bon Dieu?"
Aïe aïe aïe... Comment répondre de façon acceptable à un gamin de deux
ans quand on est de surcroît une mère croyante et que le papa est athée
?
J'ai cru m'en tirer par une réponse compliquée, persuadée qu'il n'en
retiendrait rien et passerait à la suivante : "C'est un pur esprit qui
est partout", ai-je dit (Dites donc, les athées, là, au fond de la
salle, je vous entend ricaner !!!! On laisse raconter la dame siouplaît
!!!...).
Peine perdue.
"C'est quoi un pur esprit qui est partout?" a t'il répondu.
J'ai fini par dire que c'est Dieu qui avait fabriqué le monde, bien décidée à ne plus me risquer dans le marécage qu'est pour moi la théologie appliquée aux enfants.
C'était reculer pour mieux sauter.
"C'est quoiii le monde?"
Mince, flûte, prout, crotte, caca boudin !
Mes tentatives piteuses pour lui expliquer que TOUT ce qu'il
connaissait faisait partie du monde, que c'était la Terre ("C'est
quoiii la Terre?"), me laissent si morfondue de honte que je vous en
épargne le récit !!
Depuis, j'ai privilégié "Au clair de la Lune" et "pirouette cacahuète"...
Et encore, "Au clair de la Lune", mieux vaut s'en tenir aux deux premiers couplets... Tout le monde connaît les derniers vers de "Au clair de la Lune" ?
Je vous rappelle l'histoire, quand même : un "bel Arlequin" cherche une "lume " (de la lumière) pour écrire un mot. Il finit par frapper chez "une brune" qui battait le briquet dans sa cuisine. Vous parlez d'un dragueur à la noix..."Dis, voisine, tu veux pas me prêter un peu de lumière ? Il fait super noir ici parce que ton père, c'est un voleur, il a pris toutes les étoiles du ciel... "etc etc.
Et voilà comment ça finit !
"En cherchant de la sorte, je ne sais ce qu'il trouva
Mais je sais que la porte sur eux se ferma"...
Censuré !!...
17 juillet 2007
Another pixel in the wall
Venez ajouter votre pierre à l'édifice !
C'est grâce à Blogtendances, le blog collectif où sévit ADdikt et qui a le don pour pêcher les nouveautés les plus...euh... baroques et réjouissantes du net (si, si, c'est un compliment) que j'ai pu adopter ma propre modeste participation.
Il s'agit d'une oeuvre collective, gratuite et non rémunérée, consistant à construire, pixel par pixel, un écran multicolore, "une fresque participative" résultant de l'apport d'autant d'internautes.
Bon, je sais, on ne voit pas grand chose de loin, mais il y a une toute petite ligne de pixel colorés tout en haut de l'écran.
Voilà ce que ça donne sur fond blanc (merci ADdikt)

Vous personnalisez votre petite pierre en choisissant votre couleur, le personnage qui vous représente, et en commettant un petit message personnalisé sur le sujet qui vous plaît.
A l'heure où je vous parle, le mur de pixels comprend 2711 pixels, il n'en manque que 477 289 pour compléter un édifice qui, si on ne fait rien, ne sera complété qu'en... 2011 !
Au travail...
15 juillet 2007
Qu'il est mignon quand il dort...
Toutes lumières éteintes...
Les parapheurs empilés au carré,
Le plateau éclairci de tous dossiers en cours,
Le fil du téléphone détirebouchonné,
Le clavier rangé sous l'écran,
La corbeille à papiers vide,
... mon bureau est au repos pour une semaine...
Et pourtant, quel diable quand il est réveillé !
12 juillet 2007
Comment vivre des situations extrêmes sans bouger de son écran
Comment survivre à une attaque de requin ?
Ou de crocodile?
Ou échapper à un ours?
Survivre à un accident d'avion ? Un tsunami ?
Comment sortir d'une voiture en équilibre instable au bord d'un gouffre ?
Comment survivre si vous êtes coincé dans une grotte ?
Que faire si votre voiture est lancée à pleine vitesse et que vos freins ne fonctionnent plus?
Comment reprendre le contrôle d'un chameau qui prend le mord aux dents ?
Quelle est la procédure à suivre pour savoir si une plante est comestible?
Comment désarmer un agresseur ?
Comment survivre à un séjour dans une prison fédérale américaine?
Comment sauver quelqu'un qui est tombé à travers de la glace ?
Wikihow est une variante (en anglais) de Wikipédia : tout le monde peut y participer, ajouter des réponses aux questions que tout le monde se pose (ou pas).
L'ennui, avec ce genre de conseils en cas de situation grave, c'est que, par hypothèse, il faut les avoir lu, mémorisé et intégrés avant de se fourrer dans le pétrin. Je pense qu'il faut en effet beaucoup de sang-froid et d'agilité pour consulter Wikihow alors que vous êtes agrippé aux rênes de votre chameau en furie ou entre les mâchoires d'un requin.
Et la plupart des situations visées sont difficiles à anticiper (vous êtes bloqué en voiture en équilibre instable dans un endroit surélevé parce que vous avez raté votre tournant...).

Je suis peut-être impressionnable, mais lire ces conseils me met psychiquement dans la situation visée. Mon coeur s'accélère, je visualise la situation.. : et voilà, je baigne dans une eau tiède, je suis en train de nager fébrilement, je viens de réussir à éloigner le requin en hurlant sous l'eau (les fréquences aigues leur font peur)... il s'éloigne mais je nage à reculons pour ne pas le quitter des yeux, la peur me serre la poitrine, et s'il revenait ? Les requins sont traîtres... Se rapprocher de la berge petit à petit, rester calme, continuer à respirer pour alimenter mes muscles en oxygène. S'il attaque, bien me souvenir : c'est dans les branchies qu'il faut frapper. Pas le nez, qui est trop proche des mâchoires.
Heureusement, toutes les questions posées et réponses apportées ne donnent pas des émotions aussi fortes.
On y trouve aussi :
Comment porter des lunettes sans avoir l'air trop intello ?
Comment proposer à une fille de passer la soirée avec vous si elle voit déjà quelqu'un?
Comment sortir avec une strip-teaseuse?
Comment acheter des capotes en toute discrétion ?
Comment chasser un fantôme de chez vous ?
Comment bien s'entendre avec votre belle-mère?
Comment parler comme un pirate ?
La vie, mode d'emploi !!
(Nota : l'oeuvre ci-dessus s'appelle Blown Away et est de Anna Gillespie)
08 juillet 2007
Reminder
Imaginez un immeuble haussmannien. Plafonds hauts, moulures, murs en pierre de taille.
Le hall est le plus souvent presque désert et silencieux, larges portes fermées sur des bureaux feutrés, confidentiellement affairés.
Une cage d'escalier immense, où se déroule une haute rampe en fer forgé, noire et dorée. D'immenses miroirs sur chaque palier. Un tapis de moquette sous vos pas, maintenue à chaque marche par une barre dorée, un motif à feuilles d'automnes somptueux et discret. De grandes fenêtres aux vitraux jaunes et blancs, assortis au tapis, illuminent l'escalier. Seuls les panneaux d'issue de secours tranchent discrètement sur cette harmonie de crèmes, de noir et de dorés.
Et là, en plein sur un mur, entre deux étages.... Bien en évidence...
Un post-it jaune flashy, avec un numéro de fax indéterminé gribouillé au bic.
Comment diable est-il arrivé là ? Est-il tombé d'un attaché case pour être ramassé par un bon samaritain qui a voulu le mettre en évidence, pour qu'il puisse être retrouvé ?
Est-ce la manière comme il faut de faire un graffiti dans les beaux quartiers ?
En tout cas, ça vous casse une ambiance...!
04 juillet 2007
Elephantes roses (1)
Il était une fois, au pays des éléphants...
Non, mais vous êtes combien, au juste, de lectrices, ou pourquoi pas des lecteurs (trentenaires ou à peu près, j'imagine) à connaître "Rose Bonbonne" ??
"Rose Bonbonne" est un livre pour enfants écrit en 1976 par Adela Turin (le titre original italien est "Rosaconfetto").
Pour ceux qui ne connaîtraient pas, voici l'histoire (attention, spoiler!). Pardon pour les quelques libertés que j'ai prises avec la vraie histoire, c'est juste pour vous donner une idée à vous qui n'êtes plus des enfants :
Dans cette tribu d'éléphants, les garçons avaient l'air d'éléphants normaux (gris) alors que les filles avaient la peau rose, grâce à un régime végétarien exclusif (anémones et pivoines, pour être précise). La peau lisse et rose étant visiblement ZE critère de beauté dans cette tribu, il y avait une méga discrimination entre les petits éléphants et les petites éléphantes. Alors que les petits éléphants avaient le droit d'obéir à leurs instincts naturels (faire les crétins, se rouler dans la boue, faire la sieste, regarder le foot, boire de la bière), les filles devaient passer leur temps à manger des fleurs pour garder leur jolie peau "lisse comme une pomme". Pour couronner le tout, elles devaient porter un attirail ridicule "pour aider le rose à venir" : chaussons roses, collerette rose, et noeud rose au bout de leur queue.
Devinez ce qu'on leur disait, si elles ne mangeaient pas bien toute leur ration de foin de fleurs ? Je vous le donne en mille. Qu'elles ne deviendraient pas belles et roses comme leurs mamans, avec des yeux grands et brillants, et qu'elles ne trouveraient pas de mari !
Traduction: pour mériter un de ces espèces de lourdeaux immatures et crado, ces petites éléphantes se devaient de suivre une discipline spartiate : s'ennuyer à mourir dans leur petit enclos et porter des acccessoires Barbie à longueur de journée.
Or, il y en avait une qui n'arrivait pas à devenir rose. Elle aurait bien voulu, pour faire plaisir à Papa-Maman, mais elle n'y arrivait pas.
Ce n'est que le jour où ses parents ont abandonné tout espoir de la voir devenir une vraie potiche que Pâquerette, car tel était son nom, s'est sentie libre de faire sa révolution perso, de brûler son soutien-gorge sa collerette rose et d'aller faire la folle dans la savane avec les petits éléphanteaux.
Du coup, les autres se sont rendues compte qu'elle avait l'air de s'amuser bien plus qu'elles et l'ont toutes suivie, les unes après les autres. Dès qu'elles ont cessé de "s'entretenir", les petites éléphantes roses sont redevenues grises.
C'est depuis ce temps là, conclut la version originelle du conte, qu'on ne savait plus distinguer les éléphants des éléphantes dans cette tribu.
La version moderne (car l'histoire a été rééditée) est subtilement différentes : "c'est depuis ce temps là que ce n'est plus à leur couleur qu'on distingue les éléphants des éléphantes".
C'est là que commencent les nuances à apporter à ce conte féministe.
Je vous livre bientôt mes réflexions sur les éléphantes roses modernes.
28 juin 2007
Ce que vos proches disent de votre rupture
L. devra vraisemblablement affronter prochainement un déjeuner avec son papa, désireux de parler "d'homme à homme" de sa récente rupture, sujet dont L. n'a aucune envie d'épiloguer.
Pour l'aider à se préparer, voici un petit échantillon des réactions et réflexions auxquelles on peut raisonnablement s'attendre en pareil cas.
"Je te l'avais dit, c'était un c[BIIIIP]rd. Bon débarras! Tu trouveras mille fois mieux, il ne te méritait pas" (votre copine)
"Ah, mais alors il y aurait une ouverture avec elle?" (Jean-Claude Dusse)
"Aaah, il était temps. Je ne l'ai jamais trop senti celui-là, il avait quand même une vision spéciale de son avenir professionnel, toujours à avancer à pas de coccinelle" (votre frère)
"De toute façon, ce n'était pas une lumière, hein? Il en tenait quand même une couche" (votre père, qui attendait ce jour pour partager ses impressions)
"Comment, tu as quitté Alcmène ? Mais elle était si mignonne! Je l'aimais bien." (votre père, nostalgique).
"Euphrasie t'a quitté ? Aïe! Il faut vite que tu en retrouves une autre, après tout tu as déjà 28 ans!" (votre père, secrètement soucieux d'avoir des petits-enfants)
"Tu n'arrives pas à dormir, tu n'as plus d'appétit ? Fais une cure de vitamines pour tenir le coup et prévois un stock de mouchoirs en papier ; et plonge-toi dans le travail pendant un moment" (votre mère, pragmatique)
"On trouve toujours chaussure à son pied" (votre grand-mère, mariée à vingt ans sur un coup de tête et toujours amoureuse).
J'attends les vôtres !!
24 juin 2007
Un monstre vert brise un tabou
Enfin, je suis parvenue à aller voir "Shrek le troisième". C'était obligé, vu que je suis fan de l'ogre gentiment incorrect depuis la sortie du premier film. Ce régal truffé de gags et de clins d'oeil (je suis sûre que comme pour le n°2, il faudra plusieurs visionnages pour apercevoir les détails les plus croustillants des scènes...), cette animation absolument époustouflante et fine... Rien à dire, il n'y a pas de mauvaise surprise dans cette série là (qui si j'ai bien compris va se poursuivre au moins sur quatre sorties supplémentaires).
C'est la scène de la mort du roi qui m'a le plus impressionnée. Qui d'autre que Shrek pouvait briser ce tabou et faire en sorte qu'une scène d'agonie soit à hurler de rire ?
Mort certes pas complètement humaine puisque le roi est resté sous sa forme de crapaud depuis le dénouement du deuxième opus, mais néanmoins mort d'un personnage important de l'histoire et plutôt touchant et sympathique malgré ses faiblesses... je ne serais pas étonnée d'y voir la patte des Monty Python (John Cleese est d'ailleurs la voix originale du roi, et Eric Idle celle de Merlin).
Mon héroïne, ça reste la reine Lillian (Julie Andrews en VO). Tout en élégance, dignité, humanité... et aussi pleine de surprises...
18 juin 2007
Qui n'en donne ?
Il me vient le désir d'accueillir quelqu'un de nouveau dans ma vie. Un petit être dont je prendrai soin jour et nuit, qui grandira petit à petit et dont je serai responsable, pour un temps.
J'en ai vu en photo mais personne ne m'en a jamais confié. Pourtant, je sais que je saurais le prendre en charge de manière irréprochable.
Oui, je suis prête à endosser une telle responsabilité, je le dis haut et fort. C'est sûr, "ça change la vie", comme on dit, une fois qu'on a la responsabilité d'un être vivant, il faut songer à le nourrir (lui donner son lait et ses farines, mais je ne vois pas pourquoi on ne pourrait envisager à terme une diversification alimentaire), à prendre soin de lui (le distraire, le faire se remuer), ne pas se contenter de l'oublier dans un coin.
Un jour, il partira pour vivre sa vie ailleurs sans regarder en arrière, peut-être pour faire des petits à son tour.
Je participerai même à son départ puisque je le couperai en morceaux et j'en ferai cuire un bout pour le manger, avant d'en donner des petits à qui voudra.
Qui me donnera une souche de Hermann ?
Les Français, leurs maîtresses, et leurs strings
Enfin !! Pour une fois, un acteur et animateur américain (Bill Maher) dit du bien des français.
Certes, certes, il doit in fine recourir
à des arguments assez spéciaux (argument choc : nous avons inventé la
lingerie sexy, les cinq à sept crapuleux et les strings -ah bon??-),
mais ça fait quand même chaud au coeur !.
Nota : il y a des sous-titres en français, avec toutefois quelques à-peu-près de traduction. Notamment, Bill Maher donne des raisons aux américains de ne pas "lever les yeux" (comprendre : lever les yeux au ciel). Et "pee pee parts", ce sont les parties génitales en langage enfantin, la zézette et le zizi, quoi, et non pas "des parties pour faire pipi". Mais on comprend quand même !
C'est sûr, tous les américains ne sont pas stupides !
