Travaux en cours

Le journal d'une maman solo qui tient à ses (au moins) deux casquettes : femme et mère.

03 juillet 2007

Noirs dessins

Les plus observateurs d'entre vous auront remarqué que j'ai dernièrement entrepris d'illustrer certains billets par des dessins issus de moments de maltraitance de ma palette graphique.

Je tiens à rassurer les esprits chagrins : Je n'ai aucune prétention artistique, encore moins au réalisme. J'essaye juste d'exprimer quelque chose, d'où le recours à l'exagération ou à des symboles étranges à première vue.

J'aimerais savoir dessiner beaucoup mieux que ça !!

Après une longue discussion avec moi-même -moi-même se révélant assez dubitative au sujet de mon indéniable génie et quant à la capacité de mes lecteurs à saisir la subtilité de mon expressionnisme-, j'ai néanmoins décidé de continuer. Ne serait-ce que parce que ça fait un peu plus de couleurs sur la page, et pour d'autres raisons aussi.

Je suggère avec insistance à ceux qui n'aiment pas ou qui seraient tentés de me demander dans quel sens il faut regarder le gribouillage pour y comprendre quelque chose :

- de se dire que c'est en décinnant qu'on devient décinneron,
- de ne pas regarder de trop près et de reprendre leur lecture,
- en désespoir de cause, d'essayer de se persuader que je ne suis qu'une fada qui met en ligne les dessins que son fils lui ramène de l'école maternelle.

On est d'accord ?

Posté par Cinn à 11:32 - Fêlée... - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Des héros urbains

Que peut-on faire contre un malotru de livreur qui se gare en plein couloir de bus et empêche tout le monde de passer ?superprof

Rien, apparemment, si l'on en croit un billet de Hell. Hell est une bloggeuse au style agréable, mais qui n'a pas peur de paraître "tête à claque" ou provocatrice, ni d'être politiquement incorrecte : elle s'en est déjà pris par le passé à ces assistées de mères qui osent espérer un coup de main quand elles doivent trimballer une poussette dans un bus. Elle est d'une fragilité et d'un mal-être palpables, avec des jugements d'adolescente  en croisade sans merci contre la médiocrité du monde qui l'entoure.

Hell, donc, s'est retrouvée coincée dans un autobus (encore!) avec quelques personnes.

Le livreur, donc, n'a pas cédé à la demande polie du conducteur de déplacer son fourgon de deux mètres (!) mais a fini par céder lorsque deux passagers s'en sont mêlés, chauffés à blanc.

Hell a pris le parti de rester en retrait et de se moquer intérieurement (mais supérieurement) des deux "salauds" (sic), à qui elle reproche, si j'ai bien compris, de s'être sentis des héros à peu de frais alors qu'ils ne sont que des individus très communs.

Moi je trouve qu'ils ont plutôt bien fait, les deux héros urbains. On est d'accord : une situation comme ça n'est pas la fin du monde. Certes. Mais ce genre d'incivilité, si mesquine soit-elle, m'insupporte. Le couloir de bus, c'est fait pour les bus, et la moindre des choses, quand on bloque la circulation et qu'on peut faire autrement en se déplaçant de deux mètres, c'est de le faire. Là, le livreur avait les moyens de mettre un bus entier devant le fait accompli (et de faire perdre une demi-heure à un nombre de personnes non précisé) et ne s'en est pas privé. Peut-être qu'il a fallu un héros au petit pied pour réagir à un villain au petit pied ?

Hell n'a pas non plus apprécié le physique des héros en puissance : une femme "dont la taille ridicule [lui] a donné envie de la faire valser d'une chiquenaude" (sic) et un professeur un peu trop vieux. Si je comprends bien, pour avoir le droit de ne pas se faire piétiner, aux yeux de Hell, il faut être jeune, grand, athlétique, et ne pas exercer un métier trop intellectuel. Moi qui croyais niaisement qu'il y avait d'autant plus de mérite à se conduire comme un héros (oui, même petit) si l'on n'en avait pas la carrure ou l'étoffe.

En plus, ce n'est effectivement pas facile de remettre à sa place un type comme ça, qui assume pleinement le fait de faire perdre son temps à tout le monde et qui exploite le fait que face à tant de mauvaise foi et de désinvolture, on n'a qu'une alternative : la passivité ou les grands moyens (appeler la fourrière?). Pas facile de faire face, avec la seule force de ses arguments, à la loi du plus fort infligée par un minable !

Paradoxalement, c'est d'autant moins facile que l'enjeu est faible. Cela me rappelle les escrocs qui s'arrangent pour que leur victime ne perde que quelques euros dans une arnaque. Elles ont trop honte pour protester, ce qui laisse aux aigrefins le champ libre pour la suite.

Rester en retrait et observer d'un air ironique et supérieur ceux qui essaient d'agir pour sortir d'une situation injuste (bon, d'accord, c'est une petite injustice, une broutille, mais une injustice quand même), c'était l'attitude la plus zen, certes, mais aussi la plus facile, si l'on a du temps à perdre....

Bon, d'accord, ça avait sûrement un côté absurde qui méritait un sourire intérieur. Mais ce n'est pas une raison pour faire l'autruche.

Posté par Cinn à 10:30 - Objection ! - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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